Le président de l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH), Rachid Nadil, a fait savoir hier que le pays pourrait arriver à une situation d’autosuffisance et même d’excédent de production d’essence et de gasoil avec l’ouverture de la future raffinerie de Hassi Messaoud.

Par Nadir Kadi
Une perspective, ajoute le responsable sur les ondes de la Radio nationale, qui permettrait à terme de mettre en œuvre une stratégie d’exportation de produits énergétiques axée sur les «produits dérivés du pétrole» en lieu et place du pétrole brut.
Le responsable souligne en ce sens que l’avancement du projet de raffinerie de Hassi Messaoud est en bonne voie et devrait voir le jour dans un délai de «trois ans». Cette sixième installation de raffinage permettra «d’arriver à une autosuffisance pour l’ensemble des carburants et même une surproduction pour l’essence notamment», explique Rachid Nadil. Avant d’ajouter : «Dans ces conditions, au lieu d’exporter du pétrole brut, il sera possible d’exporter des dérivés dont la valeur ajoutée est plus avantageuse.» Et dans cette perspective, le responsable précise que l’évolution de la consommation intérieure est également prise en compte, Rachid Nadil dévoilant au passage plusieurs chiffres sur la consommation de l’essence et de gasoil.
Ainsi on apprenait hier que la consommation nationale d’essence est, en temps normal (hors pandémie de Covid), «d’environ 3,8 millions de tonnes par an, et la capacité de production de la Sonatrach dépasse les 4 millions de tonnes». Quant au gasoil, la consommation «est d’environ 10 millions de tonnes en temps normal, nous avons encore besoin d’importer une petite quantité, bien que ce n’est pas le cas à l’heure actuelle à cause de la baisse de la consommation». Cette consommation de gasoil avait, en effet, chuté à 9,7 millions de tonnes en 2021 et de 9,5 millions de tonnes en 2020 à cause des restrictions de déplacement imposées par les «mesures sanitaires».
Politique de gestion de la consommation des hydrocarbures qui aurait, par ailleurs, bénéficier d’une forme de rationalisation avec la fin, en 2021, de la distribution de «l’essence super», se félicite R. Nadil en déclarant : «La décision est entrée en application le 1er juillet 2021, depuis nous n’avons pas importé le moindre litre d’essence de l’étranger. Aujourd’hui, pour l’essence nous sommes en situation d’auto-suffisance alors que le pays importait pour près de 500 000 dollars par an d’essence». Le même responsable ajoute plus loin que l’utilisation d’un seul type d’essence diminue également «le coût du transport et les charges de décontamination des cuves et des infrastructures pour éviter les mélanges de types d’essences».
Par ailleurs, et sur un tout autre plan, Rachid Nadil a souligné hier que la fin de l’utilisation de l’essence super bénéficie également à la santé publique : «Au-delà des avantages économiques, il s’est aussi agi d’une question de santé publique (…) Le plomb contenu dans l’essence super était considéré comme un produit toxique.» Quant au carburant «Sirghaz» (GPL), dont la consommation repart également à la hausse avec 1,3 million de tonnes vendues en 2021 contre 950 000 tonnes en 2020, la président de l’ARH a précisé que l’attrait pour ce type de carburant devrait continuer à progresser «avant tout à cause de son prix à la pompe, l’essence est à 45 dinars/litre et le Sirghaz à 9 dinars (…) Dans ces conditions, le coût de l’installation du kit GPL est rapidement compensé, en 6 ou 8 mois de consommation. Et dans cette logique, il est précisé que 500 000 véhicules sont, aujourd’hui, équipés pour l’utilisation du Sirghaz. «Au premier semestre 2021, nous avions transformé 23 000 véhicules et durant le premier semestre 2022, le nombre est de 25 000 (…) Je pense que le parc arrivera à 600 000 à la fin de l’année». <