Par Nadir Kadi
Le président de l’Autorité de régulation des hydrocarbures, Rachid Nadil, a fait savoir hier que la «suppression» de l’essence plombée, ou essence «Super», serait effective le 1er juillet prochain. Le responsable, questionné sur les ondes de la Chaîne I, a en ce sens expliqué que le passage à une «essence unique» sans plomb a «pris du retard» à cause de la baisse de la consommation de stocks carburant durant la crise sanitaire. «Il était prévu de passer à une seule essence en début d’année 2021 (…) Mais il a été constaté que le nettoyage des cuves des résidus de plomb a pris du retard à cause de la baisse de la consommation de carburant.» Un contretemps que Rachid Nadil assure pouvoir rattraper dans les prochaines semaines : «Nous nous sommes réunis avec Naftal et Sonatrach (…) Il est prévu qu’au 1er juillet prochain il sera possible de supprimer totalement l’essence avec plomb.»
Responsable qui rassure également les consommateurs, en expliquant que «l’utilisation d’essence sans plomb ne pose pas de problèmes pour les moteurs. C’est bon pour les moteurs et cela permet d’espacer les vidanges (…) C’est au contraire le plomb le problème, il est cancérigène et pollue l’environnement». Rachid Nadil ajoute comme argument du bien-fondé de la mesure, que l’Algérie serait en retard par rapport au reste du monde : «Nous sommes peut-être l’un des derniers pays à utiliser de l’essence avec plomb». Quant à la consommation des essences, le responsable a révélé hier qu’elle se chiffrait à «4 millions de tonnes par an (…) dont environ 1,5 million de tonnes importé, mais il est arrivé que nous n’importons que 700 000 tonnes.» Et les nouvelles mesures de réorganisation du marché permettraient encore, selon le responsable, de limiter les importations au maximum : «En 2021, il n’y a pas eu d’importation (…) la capacité de production de Sonatrach est d’un peu plus de 4 millions de tonnes et la consommation est, à l’heure actuelle, de 3,7 ou 3,8 millions de tonnes.»
Invité de la radio qui a également plaidé pour un plus large passage des consommateurs vers le «Sirghaz» (gaz de pétrole liquéfié, GPL), Rachid Nadil explique en ce sens que l’opération reste rentable : «Le kit Sirghaz est un peu cher, environ 70 000 dinars (…) mais en sachant que l’Etat aide à hauteur de 50% et que le litre de Sirghaz est à 9 dinars au lieu de 54 pour l’essence, le passage au Sirghaz reste rentable.»