Les prix des carburants à la pompe connaîtront de nouvelles hausses dès l’application de la Loi de finances complémentaire 2020. Cette nouvelle augmentation, après celles de 2016, 2017 et 2018, intervient suite à la hausse de la taxe sur les produits pétroliers importés et/ou acquis localement.

Le réajustement de la tarification des carburants en 2020 se traduira par une hausse à 41,32 dinars/litre pour l’essence normal, contre 38,94 dinars/l actuellement, soit une augmentation de +6,1% (+2,38 DA/l). L’essence super passera quant à lui à 44,35 DA/l, contre 41,97 actuellement, soit une hausse de + 5,7% (+2,38 DA/l), alors que l’essence sans plomb passera à 44,00 DA/l, contre 41,62 actuellement soit + 5,7% (+2,38 DA/l). L’augmentation la plus importante touchera en revanche les prix du gasoil, dont le litre passera à 26,63 dinars, contre 23,06 actuellement, soit +15,5% (+3,75 DA/l). Etant exonéré, le GPL/C reste à 9 DA/l. Cette nouvelle hausse des prix des carburants intervient à un moment où la marge de manœuvre budgétaire du gouvernement se révèle très réduite sous le coup de la rechute des prix du pétrole sur les marchés internationaux. Elle est justifiée, néanmoins, par une hausse effrénée de la consommation des produits pétroliers sur le marché domestique. En effet, la consommation des carburants (essences et gasoil) est chiffrée à 14,41 millions de tonnes en 2019, lit-on dans l’exposé des motifs justifiant cette nouvelle hausse des prix des carburants.
«Compte tenu du prix bas et réglementé des carburants, leur consommation n’a pas cessé de s’accroître d’une année sur l’autre, induisant ainsi une surconsommation énergétique en expansion, alors qu’une part non négligeable de la consommation additionnelle est importée en devises», lit-on dans l’article 27 du projet de Loi de finances complémentaire 2020 instituant la nouvelle hausse des prix des carburants. «Comparativement aux prix appliqués à l’international, l’Algérie est classée parmi les pays pétroliers qui pratiquent des tarifs de carburants les plus bas, et ce, nonobstant les réajustements de prix introduits en 2016, 2017 et 2018». Pour ainsi dire, le gouvernement justifie cette quatrième hausse depuis 2016 par la hausse de la consommation des carburants ainsi que par la faiblesse des prix pratiqués comparativement à ceux qu’appliquent les pays de la région. Et, bien évidemment, cette augmentation se justifie aussi par le rétrécissement des marges de manœuvre budgétaires de l’Exécutif suite à la chute des prix du pétrole. «Dans le contexte actuel de chute drastique des prix du pétrole, l’Algérie à l’instar des autres pays exportateurs d’hydrocarbures, est confrontée à d’importants et conséquents déficits budgétaires et de la balance des paiements, d’où la nécessité de réajuster les prix de l’énergie, ce qui aura pour conséquence la réduction des subventions budgétaires implicites et explicites y afférentes», lit-on dans le texte du PLFC. Il rappelle, dans la même foulée, que «dans un objectif de rationalisation de la consommation énergétique, l’Algérie a introduit, à compter du 1er janvier 2016, une réforme en matière de tarification des carburants à travers le réajustement des marges par décision ARH et la révision des taxes (TPP et TVA) en vue d’aboutir, à moyen terme, à des prix économiques». Cette démarche graduelle de réajustement des prix des produits pétroliers vise divers objectifs, à en croire le gouvernement, dont la rationalisation de la consommation des carburants, la réduction des importations de carburants en vue d’atténuer les déficits commerciaux, l’augmentation des recettes fiscales, la diminution des subventions budgétaires et l’assèchement des sources de la contrebande transfrontalière. Le gouvernement juge que le réajustement des prix au moyen de la taxe sur les produits pétroliers est un outil efficace qui prend en compte à la fois les impacts socio-économiques et budgétaires attendus. Cette nouvelle augmentation des tarifs de la TPP permettrait d’encaisser 25,5 milliards de dinars en recettes budgétaires additionnelles entre juin et décembre de cette année, alors que les revenus en TVA sont estimés à 3,6 milliards de dinars.