Le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, a profité, dimanche, de sa visite d’inspection du projet de la station services de Naftal à Sig pour instruire les responsables de l’entreprise de mettre en place, dans un délai de 15 jours, un plan précis dans le cadre des objectifs tracés pour le développement de la consommation du gaz de pétrole liquéfié/carburant (GPL/C) en Algérie.

Face au retard accusé dans le programme de Naftal de convertir en GPL/C 500 000 véhicules à l’horizon de 2021, M. Guitouni a exhorté ces mêmes responsables à impliquer les entreprises privées dans l’opération de rattrapage. Avec une moyenne de seulement 20 000 véhicules par an convertis en GPL, Naftal reste, en effet, nettement en deçà des capacités qui lui permettraient d’assumer en solo cette mission dans un marché où elle couvre 70% de la demande.
C’est pourquoi d’ailleurs l’appel du premier responsable du secteur, incitant l’opérateur public à faire participer les entreprises privées spécialisées dans les kits GPL/C, n’est pas le premier du genre.
De hauts responsables au niveau du même département se sont régulièrement succédé pour prôner un plan de travail qui impliquerait les opérateurs privés. Ces derniers ont même été considérés comme la « clé de réussite » du vaste programme de conversion et du développement du réseau de distribution de GPL/C qui, plus que les 500 000 véhicules à atteindre en 2021, est appelé à convertir 30% du parc national automobile en ce type de carburant en 2030.
En attendant, la consommation du GPL/carburant (GPL/C) reste bien en deçà des objectifs tracés par l’Etat, en se limitant à tout juste 350 000 tonnes pour une consommation de près de 15 millions de tonnes dont 3 tonnes d’essence et de gazoil sont importées en contrepartie d’une facture annuelle de plus d’un milliard de dollars. Une situation qui risque de compromettre sérieusement les objectifs des pouvoirs publics de cesser les importations de carburants dès 2020, si une partie de la demande locale en essence n’est pas convertie en GPL/C. Sur ce point, le Directeur général des hydrocarbures auprès du même ministère, Mustapha Hanifi, a récemment indiqué qu’une augmentation du nombre de véhicules convertis au GPL/C se traduisait systématiquement par une réduction des importations en essence. « Il faut arrêter l’importation », a-t-il lancé lors d’une conférence sur la promotion de l’utilisation de ce type de carburant, non sans exhorter, lui aussi, Naftal à doubler d’efforts en matière de fabrication des kits et à assurer la disponibilité du GPL/C au niveau des stations-service. Rappelant que deux raffineries d’une capacité de production de 5 millions de tonnes chacune est attendue pour 2020, il a, toutefois, considéré que d’ici là, il fallait lever certaines contraintes dont la non-disponibilité du GPL/C au niveau de toutes les stations-service et les longs délais d’installation des kits.

Un prix à la pompe encourageant
Ayant échappé à la hausse des prix des carburants qui s’affiche depuis hier dans les stations services, le GPL/C pourrait vraisemblablement compter sur son coût maintenu à 9 DA le litre (contre 38,95 DA pour l’essence normal, 41,97 DA pour le super, 41,62 DA pour le sans-plomb et 23,06 DA pour le gasoil) pour s’offrir une promotion presque gratuite chez les automobilistes, avec un engouement qui pourrait battre des records en 2018. Dans ce sens, le directeur chargé des activités économiques au niveau de l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH, Samir Houguelaouène, a indiqué, lors de la même conférence, il y a quelques semaines, que la consommation en essence et gasoil baisserait de 4% en cas d’une nouvelle augmentation des tarifs de ces carburants. Il a estimé, ainsi, que le maintien du prix du GPL/C à 9 DA et l’augmentation des prix des autres carburants engendreraient une augmentation de la consommation du GPL/C à 500 000 tonnes.
Le même responsable a, d’ailleurs, constaté que la mise en œuvre de la nouvelle tarification des carburants depuis janvier 2016 s`est traduite par une nette croissance de la consommation du GPL/C qui est passée à 350 000 tonnes en 2016, en hausse de 28%, alors que la consommation des autres carburants a enregistré une baisse de 2 à 3%.
Présent à cette conférence, l’ex-P-DG par intérim de Naftal, Rachid Nadil, a affirmé que cette entreprise a mis en place une stratégie à plusieurs actions dans la cadre de son engagement de promotion et de généralisation de l`utilisation du GPL/C, et ce à travers des actions portant notamment sur la réduction de délai de réponse à la demande de conversion à dix jours au niveau de toutes les wilayas à l’exception d’Alger, où cette opération prend quelques heures. Le délai moyen pour répondre à la demande est passé de 98 jours en 2016 à 21 jours en 2017.
A noter que la répartition des wilayas par catégorie de potentiel convertible en GPL/C fait sortir le plus grand potentiel dans 5 wilayas (Alger, Blida, Oran, Constantine et Annaba) avec 100 000 véhicules (48,14% du parc automobile national), alors que le plus faible potentiel touche 11 wilayas avec 20 000 véhicules (3,72% du parc) dont la plupart relèvent du sud du pays.