Des actions de protestation contre la hausse des prix des carburants ont été organisées çà et là, dont la dernière en date a eu lieu, lundi, sur la pénétrante de Béjaïa, à hauteur d’Ahnif (Bouira) ainsi que sur l’Autoroute Est-ouest au niveau d’Aïn Taghrout (Bordj Bou-Arréridj).

Ces actions de protestation ont été organisées par les chauffeurs de poids lourds qui ont mené des opérations escargot pour dénoncer la récente augmentation des prix des carburants. Des dizaines de camions de gros tonnage ont été stationnés le long de la chaussée, occasionnant d’énormes bouchons sur les deux axes précédemment cités, alors que d’autres actions sporadiques ont été observées dans d’autres régions du pays. Des chauffeurs de taxi ont observé également, durant la même journée, une action de protestation pour réclamer l’allégement des mesures sanitaires décidées par le gouvernement, mais aussi une révision à la hausse de la tarification compte tenu de la hausse des prix des carburants, appliquée dès le début du mois en cours, en application des textes de la loi de finances complémentaire 2020. L’essence normale est passée à 41,32 DA/l (+6,1%), alors que l’essence super est passé à 44,35 DA/l (+ 5,7%). L’essence sans plomb coûte désormais 44 dinars le litre (+5,7%). La hausse la plus importante touchera les prix du gasoil, dont le litre est passé à 26,63 DA/l (+15,5%) depuis l’application des mesures contenues dans la loi de finances complémentaires 2020, débattue et validée, faut-il le rappeler, par les deux chambres du Parlement en un laps de temps record. En moins de cinq ans, il s’agit de la quatrième augmentation des prix, faisant ainsi grimper la tarification à la pompe de 100% pour l’ensemble des carburants entre 2015 et 2020. Durant cette période, l’essence normale est passée de 21,20 DA par litre en 2015 à 41,32 DA/l cette année, en application des dispositions de la LFC 2020, alors que l’essence super est passée de 23 DA/l (2015) à 44,35 DA/l (2020). L’essence sans plomb coûtera en revanche 44 DA le litre dès l’application des dispositions de la LFC 2020, contre 22,60 DA/l en 2015. La hausse la plus importante touchera les prix du gasoil, dont le litre passera à 26,63 DA cette année, contre 13,70 DA/litre en 2015. Les prix des quatre carburants devraient ainsi connaître une augmentation d’environ 100% par rapport à la tarification appliquée en 2015. Cette hausse devrait entraîner la hausse des prix de plusieurs biens et services, dont la tarification d’accès aux transports, les prix des produits agricoles, les transports de marchandises, etc. Si les transporteurs privés sont dans leurs droits de réclamer une augmentation de la tarification de leurs services, conséquemment à la hausse des prix des carburants à la pompe, les petites et moyennes bourses, maillons faibles, devraient accuser le coup sur le bout de la chaîne. De toute façon, même si les subventions aux produits énergétiques pèsent pour un tiers dans le budget de l’Etat, et qu’il faille repenser le dispositif de fond en comble, l’incidence de la hausse des prix des carburants sur le pouvoir d’achat est quasi-certaine. D’autant plus que le poste Transports et Communications représente 16% de l’indice des prix de l’ONS. Les sous-postes Transports et Autres dépenses pour véhicules (qui contiennent l’essence) représentent 5,3% de l’indice des prix. Si l’essence représentait 2% de cet indice, doubler le prix de l’essence aura un impact direct de 2% sur l’indice des prix, c’est-à-dire que l’inflation annuelle augmenterait en impact de 2%. Le pouvoir d’achat des ménages devrait ainsi s’éroder davantage alors que la réforme du système des subventions, entamée de manière anarchique se limitant à des hausses successives des prix des produits énergétiques, ne prévoit aucune solution de substitution aux couches défavorisées. Certes, cette réforme devrait se faire tôt ou tard, mais tel qu’envisagée jusqu’ici, elle laisse penser que les petites et moyennes bourses devraient être ses grands perdants.
Quant au secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs detransport (FNTT), affiliée à l’UGTA, Berrama Seddik, a affirmé dans un communiqué que le ministère de tutelle a appelé à rencontrer les syndicats des transporteurs la semaine prochaine. Pour ce dernier, cette rencontre sera un terrain propice au dialogue et au débat des différentes propositions des transporteurs.<