Dans une réponse à une question orale d’un député de l’Assemblée populaire nationale (APN), l’argentier du pays a déclaré que son gouvernement s’emploie à porter à 75% le taux de stations d’essence équipées de distributeurs de gaz de pétrole liquéfié (GPLc) d’ici 2023. Abderrahmane Raouya a rappelé que ce projet s’inscrivait dans le cadre des mesures devant être mises en œuvre à compter de l’année en cours afin d’élargir l’utilisation de ce carburant comme alternative à l’essence et au gasoil. Il a surtout annoncé le lancement prochain – « durant l’année en cours » – d’une étude pour la création d’un pôle spécialisé à l’Est du pays d’une capacité de 30 000 conversions/an. Il est également question d’encourager, via les agences de soutien à l’emploi, Ansej et Angem, la création de petites entreprises spécialisées dans l’équipement des véhicules en kits GPL.
Le ministre a rappelé, en outre, que les pouvoirs publics avaient mobilisé, au titre du programme national de conversion des véhicules au GPL, les moyens et ressources nécessaires à la conversion d’un million de véhicules à l’horizon 2023, en consacrant notamment une aide financière allant jusqu’à 50% du coût d’installation afin d’encourager les propriétaires de véhicules publics et privés en sus des taxis à l’utilisation de ce type de carburant propre. Ce que le ministre des Finances n’a, cependant, pas dit est que l’objectif de 2023 n’était pas celui annoncé par l’ancien gouvernement Ouyahia en février 2019. A cette époque, l’ex-ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, avait déclaré qu’un million de véhicules devrait rouler au GPL. L’objectif, c’est 2021, avait-il dit. Mais, visiblement, ce délai ne sera pas respecté selon les nouvelles annonces de M. Raouya à l’APN.
L’enjeu, lui, reste le même, moins de carburant importé, efficacité dans la consommation et utilisation de carburant moins nocif pour l’environnement. L’incitation également, une série d’avantages et de facilitations pour la promotion de l’usage de ce carburant, dont l’exonération des véhicules utilisant le GPL de la vignette automobile. Des mesures accordées dans le cadre du Fonds national pour la maîtrise de l’énergie et pour les énergies renouvelables et de la cogénération (FNMERC), dont le solde s’est élevé, fin septembre 2019, à 40,44 milliards DA, a indiqué jeudi dernier l’argentier du pays.
Pour rappel, un arrêté promulgué, en application d’une disposition de la loi de finances 2014 et en accompagnement d’un décret de 2007 fixant les conditions et modalités de commercialisation des véhicules neufs, devait imposer aux concessionnaires automobiles de « prévoir dans leur programme d’importation des véhicules à motorisation essence, un quota annuel de 10% de véhicules roulant au GPL/C et dont 80%, au moins, à équiper en Algérie». Ces textes n’ont jamais été appliqués.