Par Bouzid Chalabi
L’objectif d’atteindre le million de véhicules roulant au gaz de pétrole liquéfié (GPL) à l’horizon 2023 que s’est fixé Naftal, l’entreprise publique de commercialisation et de distribution des produits pétroliers, demeure à sa portée. C’est du moins ce qu’a rapporté Rachid Yaguer, Directeur de la branche GPL à Naftal, lors de son passage hier sur le plateau de Echourouk TV.
Une prévision qui s’appuie sur les données suivantes : «le parc roulant national compte actuellement 600 000 véhicules qui utilisent le GPL et les capacités de reconversion sont de l’ordre de 22 000 voitures par an», a-t-il soutenu. Et d’avancer dans ce sens que «le rythme de reconversion pourrait s’élever pour peu que le nombre d’ateliers de reconversion augmente». A propos des ateliers de reconversion, ils sont près de 650 opérationnels à ce jour pour une capacité de mutation au GPL, plus connu sous le nom commercial de Sirghaz, pouvant atteindre les 500 000 véhicules par an. Un niveau qui ne saurait se concrétiser tant que les ateliers restent tributaires d’éléments du Kit qui demeurent importés, freinant ainsi les ateliers en question. Pour preuve, le taux de conversion des véhicules du parc national au GPL ne dépasse pas actuellement 15% sans parler de la clientèle désireuse de se reconvertir au Sirgaz qui, souvent, doit prendre rendez-vous car les ateliers sont parfois en rupture de stock. Autrement dit, l’engouement au GPL chez les automobilistes peut s’estomper quelque peu alors que Naftal ne cesse de multiplier ses stations distributrices de GPL entre autres.
En effet, la filiale du groupe Sonatrach compte réaliser 1 000 stations de service capables de vendre du GPL à l’échéance 2023. Faut-il donc s’attendre, si le taux de conversion ne connaît pas un saut quantitatif, que la démarche du Gouvernement, qui s’est assigné pour objectif de convertir 200 000 véhicules au Sirghaz en 2021, risque de ne pas être concrétisée ? Soulignons au passage que du côté de l’Union nationale des installateurs de kits GPL (UNIAGPL), on se dit prêt à relever le défi pour peu que les composants importés du Kit GPA soient plus disponibles. C’est d’ailleurs tout à fait indiqué dans le sens où la démarche de conversion peut sûrement encourager la la transition énergétique du pays vers des sources d’énergie propre. Toujours dans ce même ordre d’idées et concernant le diesel, il faut croire que les pouvoirs publics ont décidé de réduire son utilisation. Dans ce sens, la stratégie qui a été adoptée consiste à faire rouler le parc des transports publics au GPL. Un pas dans ce sens va dans les prochains mois être observé puisqu’une opération pilote va être entamée. Il s’agit de la reconversion progressive au GPL des bus de l’Entreprise des transports urbains de la capitale (Etusa).
Notons enfin que le Directeur général de Naftal s’est prononcé à la même occasion sur la disponibilité du gaz butane. A ce propos, il a révélé qu’en période hivernale, la demande s’élève à environ 450 000 bouteilles de gaz par jour alors que le reste de l’année les besoins sont de 300 000. A propos des besoins supplémentaires en gaz des populations enclavées durant le mois de Ramadhan, le responsable a nié qu’«il y aurait un problème d’approvisionnement dans les 40 zones recensées par ses services», a-t-il conclu. n