Malgré les vents contraires et l’augmentation des incertitudes sur le plan financier – Sonelgaz a fait part de son intention de se faire financer ses activités d’investissements sur le marché extérieur-, l’électricien algérien peut se targuer de progrès concrets importants en matière de production et d’interconnexions électriques, y compris dans les régions isolées du Sud où le groupe a introduit un système d’hybridation. Ce dispositif, fut-il opérationnel à une échelle plutôt simple, a été jugé satisfaisant. Ce schéma n’est toutefois pas une création ex nihilo. Le dispositif a consisté à réaliser, aux côtés des centrales diesel existantes, des centrales photovoltaïques dans le but d’introduire un système d’hybridation, et ce faisant, d’assurer une continuité de la fourniture de l’énergie électrique, en alternance de deux systèmes, l’un classique, et l’autre non conventionnel (renouvelable). Ce type de réseaux se déploie beaucoup grâce principalement à sa facilité de développement et à sa commodité d’accès. De nombreux pays en ont fait l’expérience. Et la Banque mondiale en parle dans un rapport qu’elle vient de rendre public. Il s’agit d’installations regroupant des systèmes de production et de distribution électrique qui fournissent de l’énergie à un groupe restreint d’utilisateurs pouvant aller de quelques centaines à quelques centaines de milliers, selon les capacités des réseaux. De tels systèmes, est-il mentionné dans le rapport, peuvent être totalement isolés des réseaux électriques nationaux, ou leur être connectés, mais en préservant leur autonomie. Du point de vue des experts de la BM, ils représentent la solution idéale pour les populations dont le raccordement au réseau électrique national n’est pas rentable, mais dont la consommation est trop importante pour l’utilisation des installations solaires domestiques. Le document relève par ailleurs que la plupart de ses mini-réseaux fonctionnent au diesel, à l’hydroélectricité ou au solaire hybride. Selon les données de la Banque mondiale, environ 19 000 mini-réseaux électriques sont déjà installés dans 134 pays et territoires, ce qui représente un investissement de l’ordre de 28 milliards de dollars. Ces installations desservent environ 47 millions de personnes. 61% de ces installations ont été implantées en Asie, principalement dans trois pays, à savoir l’Afghanistan (4 980), le Myanmar (3 988) et l’Inde (2 800). L’Afrique, quant à elle, abrite environ 1 500 mini-réseaux électriques. Actuellement, plus de 7 500 mini-réseaux électriques sont en développement. Afin d’alimenter 27 millions de personnes pour un investissement de 12 milliards de dollars. 54% soit 4 000 de ces nouveaux systèmes sont prévus pour être implantés en Afrique. Le Sénégal et le Nigeria sont les pays en tête de liste avec une prévision de 1 217 et 879 mini-réseaux à implanter respectivement. Au cours des dernières années, le coût de mise en place des mini-réseaux a diminué de manière drastique tandis que leur qualité s’améliorait significativement. Mais à la différence de beaucoup de ces pays, l’Algérie n’a pas obtenu d’aides financières pour développer ses réseaux. Il reste, cependant, encore fort à faire dans ce domaine et Sonelgaz conserve encore dans sa manche beaucoup plus de projets. Du reste, deux centrales électriques d’une capacité individuelle de 160 MW seront construites à Adrar et In Salah. Ces deux projets permettront de garantir une fourniture électrique continue dans les périodes estivales. Les projets de développement énergétique incluent également la mise en place de stations de transfert d’énergie d’une capacité de 220 kV. Trois de ces infrastructures seront implantées, deux à Adrar et une à In Salah. Elles permettront au réseau électrique qui s’arrête à In Salah, de se prolonger vers Timimoune en passant par Adrar. Ces projets devraient voir le jour d’ici 2022. Ces nouvelles installations vont densifier davantage les réseaux électriques. Pour un bon fonctionnement du marché intérieur de l’énergie, le maillage de ces réseaux revêt plus particulièrement une grande importance, car il joue un rôle fondamental dans la souplesse des approvisionnements.<