Avec le baisser de rideau, avant-hier, sur les épreuves du baccalauréat, c’est toute l’année scolaire 2019/20, marquée du sceau de la crise sanitaire, qui prend fin après un cheminement exceptionnel qui a vu la suspension des cours depuis mars dernier et le report des examens du moyen et du secondaire au mois de septembre en cours.

Pour tout le personnel du secteur de l’Education nationale, c’est une année à la fois inédite et laborieuse qui s’achève et qui aura duré 12 mois longs avec son lot de stress multiformes.
A l’arrivée, si le programme pédagogique a été amputé des cours du troisième trimestre qui n’ont pas été assurés à cause de la propagation de la Covid-19, les autorités ont relevé le défi de parvenir à organiser les examens de fin d’année malgré la persistance de la pandémie. Ce pari n’a été tenu, faut-il le souligner, qu’après la mise en place d’un protocole sanitaire qui n’a pas convaincu certaines voix du secteur. Elaboré par des experts et des professionnels, ce protocole a énoncé notamment la désignation d’un chef adjoint, dans chaque centre de déroulement, pour s’occuper de l’aspect préventif et sanitaire durant la période des examens du BEM et du Bac.
Les concepteurs du protocole ont insisté sur la stérilisation et la désinfection de toutes les structures relevant du centre de déroulement des examens, avant son ouverture et la fermeture des locaux et structures non exploités, tout en s’assurant de la disponibilité des fournitures médicales nécessaires et de la désinfection des bâches à eau. Pour ce qui est des mesures préventives à l’intérieur des classes, il a été question d’une disposition des tables et chaises de manière à assurer le respect de la distanciation physique de plus d’un mètre entre les candidats, tout en s’assurant de la disponibilité de bavettes, de thermomètres à infrarouge portatifs, de sacs en plastique et de bacs à ordures, en nombre suffisant.
Cette étape de mise en place du protocole sanitaire n’a pas été moins utile, sur un autre registre, puisqu’elle a permis aux responsables d’établissement de faire part d’un déficit en moyens nécessaires dans une telle conjoncture au niveau de certaines écoles. Selon des voix du secteur, en dépit de certaines failles signalées ici et là, le pari d’un déroulement serein et maîtrisé des examens de fin d’année a été accompli, rendant ainsi caduques les appréhensions nourries antérieurement pointant l’impossibilité de tenir ces épreuves.
En attendant que la tutelle ne passe, sans doute, une fois assurée l’étape de l’annonce des résultats du BEM et du Bac, à l’évaluation de cette année scolaire, nul doute que des enseignements peuvent être d’ores et déjà tirés. Il y a, d’abord, le point relatif au recours à l’enseignement à distance, qui s’est avéré infructueux pour plusieurs raisons. Il y a aussi, selon des observateurs, la question de l’encadrement et accompagnement psychologique des élèves-candidats dans une conjoncture de crise sanitaire, un souci qu’ont révélé des établissements faiblement outillés pour une telle mission. Ce qui s’est fortement répercuté sur la préparation psychologique des postulants qui se sont retrouvés plusieurs mois en rupture avec l’école. Des enseignants pointent, à ce titre, les hésitations de la tutelle à autoriser la réouverture des écoles pour les révisions en présence des enseignants que tardivement. Cette opération, entamée le 25 août, aurait pu être enclenchée bien avant afin de permettre aux candidats de retrouver leurs habitudes. Autrement dit, plus d’un enseignement sera tiré de cette exceptionnelle année scolaire, qui ouvre officiellement la voie à la préparation de la suivante dont les préparatifs et le coup d’envoi seront sans doute impactés par celle qui s’achève.