Quelque 65 000 élèves du primaire bénéficient des prestations de 377 cantines scolaires dispatchées sur l’ensemble du territoire de la wilaya, « avec une nette augmentation de la qualité des repas », alors que certaines écoles continuaient de servir des repas froids, faute de personnel qualifié ou de locaux adéquats, selon un document qui nous a été remis par la direction de l’éducation, il y a quelques semaines. Un état des lieux qui explique que les cantines scolaires sont gérées, depuis leur existence chez nous, de façon archaïque et hasardeuse, alors qu’un décret exécutif, fixant les dispositions applicables aux cantines d’établissements scolaires primaires, publié dans le Journal Officiel, stipule que le personnel y exerçant doit être de bonne santé et moralité, n’ayant pas d’antécédents incompatibles avec l’exercice de ses missions. Pourtant, il n’en est rien pour nos cantines, puisque on chargeait, au hasard, des agents communaux « novices » pour les installer derrière les fourneaux, pour des repas souvent insipides et ne répondant point aux règles d’hygiène. D’où les foyers d’intoxications alimentaires signalés dans différentes régions. L’intoxication, tristement célèbre, remonte à six ans où plus d’une cinquantaine d’élèves ont dû être évacués vers l’hôpital après avoir ingurgité de la viande avariée. Ou encore, à Mansoura, une dizaine d’élèves ont été victimes d’intoxication après avoir mangé un repas froid. Certes, des mesures draconiennes ont été prises pour y remédier, en affectant des cuisiniers diplômés dans des cantines, en coordination avec la direction de la formation professionnelle. Mais de quelle « nette augmentation de la qualité des repas » parle-t-on ? Et que représentent les 45 dinars du coût du repas mis dans la cagnotte des cantines scolaires, par rapport aux sommes colossales injectées, pêle-mêle, dans des projets qui n’ont jamais vu le jour ou, dans les meilleurs des cas, n’ont servi à rien ? Et où en est-on avec les cinq fruits et légumes à consommer par jour que préconise l’OMS ? Une formule simple censée épargner l’enfant des carences et de l’anémie et, par conséquent, augmenter ses capacités d’acquisition intellectuelles. D’ailleurs, dans cette optique, éducateurs, pédagogues et nutritionnistes, sont formels en constatant que l’enfant, au ventre creux ou mal nourri, risque de perdre ses capacités cognitives, ce qui conduit à l’échec scolaire. Il revient, donc, aux cercles de décisions de réviser leur copie quant au budget alloué aux cantines scolaires. Si on veut vraiment préparer des générations bien portantes et plus rentables.M. A.