Alors que les températures estivales commencent à se généraliser avec force sur l’ensemble du territoire, la crainte des incendies de forêt est de plus en plus évoquée, d’autant que les tragédies de l’été 2021 restent dans toutes les mémoires.

Par Nadir Kadi
Les autorités, de leur côté, multiplient toutefois les annonces de nouveaux «plans» et autres «stratégies» de lutte contre les feux, assurant avoir tiré les enseignements de l’été 2021. La dernière annonce en date a ainsi été apportée par Djamel Touahria, Directeur général des Forêts. Ce dernier, s’exprimant hier sur les ondes de la Radio nationale Chaîne II, souligne que le cœur de la «nouvelle stratégie» était de limiter au maximum le temps d’intervention en associant notamment les populations locales : «Nous avons mis en place une nouvelle stratégie (…) Son objectif est de faire participer les citoyens, tout particulièrement ceux qui habitent dans les zones proches de forets».
En effet, ces nouvelles déclarations, qui se veulent optimistes, interviennent après que les autorités aient annoncé la réalisation de pistes pour avions bombardiers d’eau, ou encore que la DGF ait fait savoir qu’elle avait acquis de nouveaux équipements. Djamel Touahria a, pour sa part, détaillé hier plusieurs actions de ses services : «Nous nous sommes notamment adressés aux associations qui s’intéressent aux questions de la nature et des forêts (…) Nous les avons associées au programme et nous les préparons aux techniques pour se protéger en cas de feu pour éviter ce qui s’est passé l’année dernière.» Par ailleurs, des programmes visant à l’entretien des abords des habitations, la localisation des sources d’eau et la préparation de citernes…» seraient également en cours. Plus globalement, le même responsable expliquait hier que l’objectif de la DGF reste «d’éviter les feux, mais surtout d’intervenir rapidement en cas de départ d’incendie». En ce sens, il est annoncé que des voies d’accès ont été ouvertes et que des «camions de petite taille équipés pour cela au niveau de 40 wilaya» ont été fournis pour répondre aux alertes «des agents des tours de surveillance contre les feux (…) De cette manière on compte que la première intervention soit la plus rapide, de cette manière on pourra éviter la propagation d’éventuels incendies».
Le responsable de la DGF laisse toutefois entendre que la lutte contre les feux n’est pas une science exacte et qu’elle dépend d’une multitude de facteurs souvent imprévisibles, et indique que «l’expérience de 2021 nous montre que les feux peuvent changer de visage rapidement ; l’été dernier les principaux incendies qui ont causé 70% des destructions ont eu lieu en une semaine seulement». La DGF, structure sous tutelle du ministère de l’Agriculture, avait également fait savoir, le 16 mai dernier, par la voix de la directrice de la protection de la flore et de la faune, Mme Ilhem Kabouya, que six avions bombardiers d’eau seront affrétés «pour les mois de juillet et août», période considérée comme la plus «dure» en termes d’incendies de forêt. La lutte contre les incendies de l’été 2021, notamment marquée par l’aide d’avions bombardiers d’eau apportés du continent européen, avait, pour rappel, démontré une nouvelle fois l’importance des vecteurs aériens pour la protection des forêts. Une stratégie qui était pourtant largement négligée en Algérie, et même présentée comme relativement peu efficace durant de nombreuses années.
Et dans cette logique, les derniers exercices de la Protection civile laisse apparaître une certaine évolution des stratégies ; ainsi une simulation de la Protection, en collaboration avec la Gendarmerie nationale et la Conservation des forêts de la wilaya de Bouira, a mobilisé durant le week-end dernier d’importants moyens humains et matériels dont deux hélicoptères de la Protection civile et de la Gendarmerie. La simulation, sur une large zone du massif forestier, avait par ailleurs entraîné la fermeture de l’accès à la station climatique de Tikjda.
Toujours à Bouira, un dispositif sécuritaire de proximité a été mis en place par les services de la protection civile pour lutter contre tout éventuel risque d’incendie en ces jours de canicule qu’enregistre la wilaya.
«Bouira, à l’instar des autres wilayas du pays, enregistre une forte chaleur et une canicule qui risque de provoquer des incendies. Nous avons mis en place un dispositif de sécurité de proximité pour protéger le couvert végétal notamment les champs de céréales», a expliqué le chargé de la communication de la protection civile, le Sous-lieutenant Youcef Abdat.
Ce dispositif est composé de plusieurs points de veille étudiés et répartis sur les régions de Sour El Ghouzlane, Bouira, Bechloul, Ain Bessam, Souk Lakhmis et Kadiria, selon les détails fournis par l’officier Abdat.
«Toutes nos unités sont mises en état d’alerte pour intervenir en cas d’incendie dans ces régions. Les unités placées dans ces points sensibles sont prêtes et rapides pour intervenir», a souligné le même officier.