Depuis la convocation du corps électoral en prévision de l’élection présidentielle du 18 avril 2019, plusieurs chefs de parti et candidats indépendants ont accouru au ministère de l’Intérieur pour retirer les formulaires de candidature. Ils sont plus d’une cinquantaine de prétendants en attendant l’écueil de la récolte des 60 000 signatures exigées pour valider la candidature. Hormis quelques candidatures qui peuvent retenir l’attention des électeurs, toutes les autres ont provoqué un sarcasme chez l’opinion. Ainsi, les quelques passages diffusés par les chaînes de télévision privées des candidats à la candidature, montrent un manque de sérieux et de sagesse chez ces prétendants à la magistrature suprême. Si la loi autorise, certes, tout Algérien répondant aux exigences de la loi à se porter candidat, il n’en demeure pas moins que postuler à un tel niveau de responsabilité requiert un minimum de sérieux. Les prétendants, en majorité venus ex nihilo à une compétition présidentielle n’ont même pas pris le soin de donner les grandes lignes d’un programme qu’ils devraient défendre ou d’une politique qu’ils vont peut-être appliquer une fois élus. C’est ce manque d’égard à la plus importante élection qui a provoqué à la fois l’ire et la moquerie des internautes. Les traitant de tous les noms d’oiseaux, la blogosphère s’est animée en présentant ces prétendants comme une séquence comique d’une pièce théâtrale à laquelle les pouvoirs publics ont convié l’opinion publique. Il est impensable pour une opinion de rester de marbre devant les déclarations émanant de candidats à la présidentielle. L’un aurait fabriqué un avion avec de la terre, l’autre voulait juste « réformer » Air Algérie, un autre invite ses enfants à retirer les formulaires…, dans toute cette kermesse de mauvais goût, les Algériens attendent toujours l’arrivée de vraies candidatures qui vont d’abord rehausser le niveau des débats et ensuite siffler la fin de la récréation à cette séquence clownesque «La présidentielle est quelque chose de sérieux», écrivent-ils presque à l’unisson.