Même s’il refuse de l’avouer explicitement, le MSP laisse transparaître des signes évidents quant à sa participation à l’élection présidentielle d’avril prochain. C’est, en tous les cas, ce qui s’est dégagé, hier, de la première journée de la session ordinaire du Conseil consultatif (Madjliss echoura) de ce parti, dont les 360 membres sont appelés à trancher aujourd’hui, la position à adopter à ce important rendez-vous électoral. Ils doivent aussi trancher la question relative au nom du candidat du MSP à ce scrutin bien que toutes les données convergent vers le nom de Makri. L’option portant participation du MSP à la course à la magistrature suprême du pays a d’ailleurs été implicitement confirmée dès l’entame de cette session ordinaire, lorsque son président, Abderrezak Makri, a pris la parole pour dire l’importance de ce rendez-vous pour son parti.
« Les présidentielles de 2019 sont pour notre mouvement soit une opportunité d’aller vers des horizons prometteurs pour le pays, soit un tournant qui mènera l’Algérie vers l’approfondissement de la crise », a souligné M. Makri. « Certains pensent que nous agissons pour la concrétisation d’un cinquième mandat pour le président Bouteflika, mais personne ne sait s’il y aura réellement une candidature de ce dernier », tentera de s’expliquer une nouvelle fois le premier responsable du MSP à qui des observateurs prêtent des intentions de candidature pour faire valoir le poids de l’opposition au profit de la crédibilité du vote du 18 avril. « Notre mouvement va s’incliner devant les décisions du Conseil consultatif. La direction du parti est prête à toutes les éventualités, et nous restons prêts aussi à toute initiative concernant le consensus national qui restera notre premier projet », a ajouté Abderrezak Makri. Les travaux de cette session ont permis aussi au MSP d’étouffer toute supputation quant à une autre probable candidature en plus de celle de Makri.
Une chose est donc certaine : si le MSP participe à l’élection présidentielle, il le fera avec son président comme candidat, puisque le seul homme fort du parti à pouvoir remettre en cause cette option, à savoir son ex-président Aboudjerra Soltani, a déclaré hier qu’il abandonnait son intention de se porter, candidat laissant ainsi la voie libre à Makri.
Dans un communiqué distribué avant le début des travaux de la même session, M. Soltani a justifié sa décision par « l’’opacité qui caractérise cette élection », faisant qu’une « candidature sur une base partisane ou une couleur politique ne peut pas mener au pouvoir », a-t-il estimé, précisant que sa volonté est de se consacrer au forum mondial pour El Wassatia qu’il a créé récemment avec la contribution de certaines figures politiques et intellectuelles.<