De Constantine, Hamid Bellagha
Le comportement de certains candidats aux fauteuils de l’Hémicycle Zighoud-Youcef, à condition de réunir tous les critères, bien sûr et heureusement, ressemble à s’y méprendre à celui de la chkara, de la corruption et du népotisme, décrié il n’y a pas si longtemps ! Comment ne le serait-il pas quand on constate que plusieurs politicards recyclés se découvrent soudain des vertus d’honnêteté en formant des listes de candidats libres, loin des travées des partis qui les ont portés par le passé, des partis qui ont sali, pour la plupart, à satiété plusieurs générations de politiciens, des vrais.
C’est donc avec un nouveau comportement politique, vierge de toute magouille, que certains anciens parlementaires expriment leur intention de concourir dans des listes libres, honnissant celles des partis qui étaient les leurs lors du dernier mandat de l’APN.
C’est dans le contexte d’une future drôle d’élection à la nouvelle course à l’APN que 46 retraits de formulaires de participation en listes indépendantes et 36 partisanes ont été retirés la semaine dernière. Nous n’avons pas eu de surprises en découvrant que trois candidats chassés de l’Hémicycle Zighoud-Youcef envisagent, déjà, de retourner occuper les fauteuils d’une Assemblée qui n’est plus auguste. Il y a donc Bachir Hidouci, de la daïra de Zighoud-Youcef, un pur produit d’Enahda de Djaballah, Omar Mehsas de Constantine et du FLN, et Omar Khalfaoui, qui ont la particularité d’avoir été parmi les députés de la dernière APN et espèrent y revenir tant que leurs sièges sont encore chauds. Hichem Chelghoum, anciennement PT de Louisa Hanoune, ancien député aussi, troquera la veste du Parti des travailleurs pour celle du nouveau parti El Karama, pour se représenter.
De nouveaux anciens
« Je ne peux pas y croire, nous dira un membre de l’ANIE, on les a chassés par la porte, ils reviennent déjà par la fenêtre, mais je pense que beaucoup ne passeront pas car ils traînent des casseroles depuis des années. L’étude des dossiers des candidats va en rejeter un beau tas. »
Dans le même contexte, le FLN, toujours omniprésent malgré une cure d’amaigrissement de ses rangs, propose d’après ses deux mouhafadha, dont un des deux dirigeants est en prison, trois listes. Sur l’une d’elle, l’actuel P/APC de Constantine, Nadjib Arab, en phase d’achever un mandat catastrophique à la tête de la commune, absent de tout débat. Il a failli être démis de ses fonctions par le wali de Constantine pour « fautes graves », qui a fait regretter ceux qui ont voté pour le P/APC le « plus invisible » d’Algérie. Sur les listes du même parti, on retrouve encore un ancien député, actuellement à la tête de l’APW, Abderrahmane Bousbâa, qui a remplacé Nadir Amirèche, chassé par l’ancien wali de Constantine, Abdessamie Saidoune, pour avoir participé au Hirak original. Le même Nadir Amirèche ne perd pas le Nord puisqu’il se présente au suffrage universel en tant que membre sur une liste indépendante, ou libre, c’est selon.
Il y aura aussi Rachid Yaissi, qui collectionne les mandats, qui se déclare prêt pour la course, mais toujours sous l’aile de son parti, El Islah. D’autres noms moins connus du grand public mais éprouvés sur la scène politique, administrative ou activistes, ont aussi retiré les formulaires tant attendus. Comme Mohamed Latafi, un cadre de l’Education nationale, ou encore Ahmed Bouzidi, ancien directeur des mines à la retraite, et la liste est encore longue d’élus recyclés ou en phase de le devenir.
Le parti de Bengrina, dragué à souhait par plusieurs « politiciens » du fait de la seconde place décrochée par son président, va lancer dans la course Hocine Azizi, encore un ancien député. Le RND aura, de son côté, comme candidat Redouane Saïd, « son » ancien sénateur. Le parti El Adala de Djaballah ne propose pas cette fois son sulfureux Lakhdar Benkhellaf pour cause de deux mandats successifs à l’APN. Il portera ainsi son choix sur Mohamed Salah Boussaker, un journaliste à la Télévision nationale, et candidat malheureux à plusieurs joutes électorales précédentes.
Les partis Jil jadid, El Moustakbel, Ahd 54, et bien d’autres partis ont aussi retiré les formulaires nécessaires à la course au Parlement.
Néanmoins, les listes proposées ont en commun l’absence de la gent féminine reléguée au bas des listes malgré les règlements électoraux qui stipulent l’élection automatique d’une femme, si jamais elle ne figure pas en tête des listes, ce qui est le cas encore cette fois. Toutefois, et après traitement des dossiers de candidature, on y verra un peu plus clair dans la liste des candidats qui promettent une Algérie nouvelle, oubliant au passage que dans celle d’avant, ils ont eu un rôle non négligeable quant à sa déliquescence.