A l’instar des autres pays de la planète, l’Algérie a célébré hier la journée mondiale contre le cancer. A cet effet, le gouvernement a l’ambition de mieux prévenir et de traiter les patients atteints de cancers. C’est dans cette optique qu’il a annoncé, hier, la mise en place d’une nouvelle stratégie de lutte autrement plus efficience.

C’est ainsi que le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a annoncé, hier, le lancement d’une nouvelle stratégie pour la prévention du cancer et l’amélioration de la prise en charge des malades pour la période 2021-2025 fondée sur la formation et l’information. Laquelle intervient à l’issue d’une évaluation du Plan cancer 2015-2019. Concrètement, la stratégie du gouvernement, selon le ministre de la Santé, repose essentiellement sur « l’amélioration du savoir-faire médical et paramédical et la réorganisation du réseau de prise en charge des malades conformément au plan sanitaire et aux moyens disponibles ». S’exprimant à l’ouverture de la 4e édition du Salon d’information sur le cancer, dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale contre le cancer, le ministre a soutenu que cette stratégie est basée sur l’appui et la promotion de l’industrie pharmaceutique pour le traitement des cancéreux. Mais dans ce cadre, le membre du gouvernement a insisté sur le travail collectif coordonné lequel demeure, selon lui, le meilleur moyen pour réduire la propagation du cancer. « L’évaluation de l’ancien plan est satisfaisante », selon le ministre se référant à une étude faite par un groupe de chercheurs. Concernant les mesures préventives prises dans le cadre du même plan et en application des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le ministère de la Santé a élaboré, en collaboration avec d’autres secteurs, un programme intense pour lutter contre les facteurs de risques non transmissibles. Dans cette optique, son département a décidé d’une généralisation des
« moyens de diagnostic et à la poursuite de mise en œuvre du plan de prévention contre les facteurs de risques, avec la focalisation sur la lutte contre le tabagisme à travers l’organisation de campagnes de sensibilisation de large envergure et la création de 53 unités d’aide à l’arrêt de ce fléau dangereux », soutient à ce sujet le ministre. S’agissant du traitement, le ministère a fait état d’une mobilisation de tous les moyens et conditions nécessaires à l’amélioration du traitement par la chimiothérapie ou la radiothérapie en ouvrant, à ce propos, 41 services pour la radiothérapie et 77 autres pour la chimiothérapie, en sus de 20 centres anticancéreux, dont 6 au secteur privé. Concernant les médicaments, le membre du gouvernement a évoqué « la consécration, au niveau de la Pharmacie centrale des hôpitaux, d’un budget à l’acquisition des médicaments nécessaires au traitement du cancer », insistant sur le souci de son secteur de fournir « la meilleure qualité et quantité de ces médicaments dont la quantité a quintuplé depuis 2008 ». S’exprimant à propos du budget mobilisé à ce propos, il s’est établi à 64 milliards DA en 2018, selon le ministre qui précisera qu’il « représente un taux de 60% du total des ventes de la PCH ». Notons que le professeur Messaoud Zitouni, coordinateur de ce Plan anticancer, avait annoncé avant-hier que le rapport 2015-2019 sera remis au Président le 24 mai prochain. « Le 24 mai 2020, nous allons remettre à Monsieur le Président de la République, comme prévu, le rapport final de ce plan anticancer avec deux grandes composantes », a expliqué le Pr Zitouni avec la précision que la présentation de ce rapport sera accompagnée d’une « feuille de route » pour les 5 ou 10 années à venir. Le professeur affirme que la première cause du cancer est le tabac. « Le tabac cause plus de 90% des cancers du poumon, près de 70% des cancers de la vessie. « Il y a des cancers qu’on arrive à diagnostiquer tôt, par exemple celui du sein pour la femme. On est à 13 000 cas par an, ce qui est énorme, d’autant qu’il atteint les femmes jeunes. Il y a le cancer du colorectal, de la thyroïde et de la vessie », a expliqué le professeur. Quoi qu’il en soit l’Algérie, à l’instar des pays du monde, célèbre la Journée internationale de lutte contre le cancer en essayant d’élaborer une meilleure approche pour la prise en charge de cette maladie très dramatique pour les patients.