PAR INES DALI
Neuf femmes sur dix sont susceptibles de guérir du cancer du sein si elles ont recours au dépistage précoce. C’est ce qu’ont expliqué les spécialistes oncologues pour sensibiliser sur la nécessité de la prise en charge de cette maladie assez tôt, avant qu’elle ne prenne de l’ampleur et requiert un traitement lourd, voire une mastectomie.
Outre qu’il permet la guérison de 90 % des cas, le dépistage précoce de cette pathologie contribue, également, à la réduction du taux de mortalité des femmes atteintes, selon les spécialistes. «Encourager le dépistage précoce du cancer du sein permettrait la guérison de 9 cas sur 10 dans le cas d’une bonne prise en charge, ce qui réduirait le taux de mortalité de cette catégorie», a affirmé le Professeur Abderrezak Bouamra, spécialiste en épidémiologie et en médecine préventive à l’Etablissement hospitalier public (EHP) de Tipasa, lors d’une Journée de formation, mardi, portant sur «la sensibilisation au cancer du sein» au profit des journalistes, à l’occasion du mois d’«Octobre rose».
Se basant sur les données du Registre national du cancer, il a précisé qu’«une femme sur huit peut être atteinte de cancer du sein en Algérie», ce qui représente un fort taux de 80% de femmes susceptibles de contracter cette grave maladie. Les raisons sont multiples. Le conférencier en a cité quelques-unes, à savoir les «facteurs génétiques et hormonaux et autres environnementaux», à l’instar de l’«obésité», du «manque d’activité physique» et de la «mauvaise alimentation», outre la «consommation d’alcool et de tabac».
De son côté, Dr Amina Abdelouahab, spécialiste en dépistage précoce du cancer de sein au Centre Pierre-et-Marie-Curie (CPMC) du CHU Mustapha-Bacha (Alger) a alerté sur le risque de voir les chiffres encore augmenter dans les années à venir. «Les prévisions de l’Institut national de la santé publique (INSP) indiquent que le nombre de personnes qui auraient le cancer du sein passerait de 14 000 cas, en 2020, à 18 000 en 2025», a-t-elle déclaré, tout en appelant les médias à participer à la sensibilisation quant à cette maladie, en mettant notamment en exergue la nécessité du dépistage précoce.
«La prise en charge du cancer du sein nécessite l’implication de l’ensemble des acteurs activant dans ce domaine, à savoir les associations et les familles, pour la lutte contre certaines idées archaïques qui entravent l’avancement du processus de traitement, notamment le diagnostic et le dépistage précoce», a poursuivi Dr Abdelouahab, qui jouit d’une longue expérience dans son domaine. Elle s’est, également, penché sur un autre aspect à ne pas négliger, celui de la prise en charge psychologique des femmes atteintes par cette maladie. «Leur prise en charge psychologique est d’une extrême importance, particulièrement sur le plan social», a-t-elle noté, avant d’expliquer que «ces femmes estiment que le cancer du sein les expose au divorce, notamment après une opération d’ablation». <