C’était su d’avance : la CAN-2021 va se dérouler en présence d’un invité désagréable, le Coronavirus. Pour tenter de le «neutraliser», le dépistage reste le moyen médical le plus sûr. C’est pour cela que des tests PCR sont prévus à 48 heures de chaque rencontre. Toutefois, les évènements ayant précédé le match d’ouverture entre le Cameroun et le Burkina Faso donnent lieu à des doutes. En effet, ils laissent craindre que ces résultats présentent le risque d’être manipulables.

Par Mohamed Touileb
Ainsi, à ce propos, Firmin Sanou, l’entraîneur adjoint du Burkina Faso, a raconté qu’«une équipe médicale est arrivée hier (vendredi) matin mais on a vérifié auprès de la CAF qui nous a dit qu’elle ne venait pas d’eux. On a donc refusé ces tests. La CAF devait nous l’envoyer l’après-midi mais elle est arrivée à 23 heures. Les délais de 48 heures n’ont donc pas été respectés et en plus, on nous a fait des antigéniques, pas des PCR».
La CAF se veut ferme
A partir de là, le flou s’est accentué sur la procédure. Surtout que des joueurs importants chez les Burkinabés ont été déclarés positifs. Lazare Banssé, président de la Fédération burkinabè de football (FBF), a même été plus loin, reconnaissant «douter de la fiabilité des résultats des tests qui ciblent manifestement des joueurs majeurs», non sans exiger «la reprise des tests dans un laboratoire indépendant sous la supervision de la CAF et en présence de nos médecins».
Pour sa part, la Confédération africaine de football (CAF) s’est voulue ferme et imperturbable. Les rendus du PCR sont irrévocables et incontestables. Peu importe les doutes émis par la délégation des «Etalons». Via un communiqué, Raymond Hack, le président du jury disciplinaire, a noté que «les résultats des tests PCR ont été effectués par un laboratoire médical international indépendant et agréé. Par conséquent, les résultats des tests font foi et ne peuvent être contestés».

Un protocole à fort potentiel préjudice
Par ailleurs, il faut savoir que la CAF s’est montrée exigeante afin de pouvoir respecter le calendrier de l’épreuve. Si l’instance a autorisé les participants à convoquer jusqu’à 28 joueurs pour disputer la compétition et toléré les 5 changements, c’était une mesure préventive contre la Covid-19, susceptible de décimer les effectifs. En revanche, elle n’envisage pas de reporter des rencontres sauf cas exceptionnels.

La crainte est permanente de voir la pandémie venir réduire les rangs.
Comme on a pu le constater, les infections sont nombreuses ces derniers jours dans les différentes délégations.
Mais la CAF a été claire pour protéger la programmation. Ainsi, elle précise qu’«une équipe sera tenue de jouer un match si elle a un minimum de onze joueurs disponibles qui se sont révélés négatifs. En cas d’absence d’un gardien de but, un autre joueur de l’équipe doit remplacer le gardien de but, à condition que le nombre total de joueurs disponibles soit d’au moins onze». En revanche, si un onze ne peut pas être sur la pelouse, il y aura défaite par forfait (2-0) pour l’équipe qui ne présente pas le nombre réglementaire.

Le sort suspendu au verdict de l’écouvillon ?
Il faut dire que tout cela pourrait fausser la concurrence de la compétition. Si les analyses peuvent vraiment être trafiquées, cela permettrait de contrôler la force de certaines équipes. Notamment dans les matchs à enjeu en ciblant les éléments les plus redoutés. C’est de cela que le patron de la FBF a parlé. Il n’est donc pas exclu qu’une rencontre à élimination directe ne se tienne pas. Et ce, sans que les tests PCR soient refaits puisque la CAF assure que les résultats sont crédibles et ne souffrent d’aucune contestation possible. Il est évident qu’en optant pour cette procédure, la structure footballistique compte mener à terme ce rendez-vous continental. Et là, il faut préciser qu’avant de s’engager, les 24 prétendants pour le sacre ont accepté ces conditions. Ainsi, il faudra composer avec ce protocole avec tous les avantages et les failles qu’il peut présenter.