Pour la deuxième édition de suite, le Cameroun pourrait se voir retirer l’accueil de la Coupe d’Afrique des nations. Après avoir été obligés à renoncer à l’édition 2019, abritée finalement par l’Egypte et remportée par l’Algérie, les Camerounais risquent d’être incapables de finir leurs chantiers dans le temps. C’est pourquoi la Confédération africaine de football (CAF) a posé un ultimatum aux pays de Samuel Eto’o. Il est fixé au mois de juin 2020 pour la réception de toutes les infrastructures nécessaires assurant le bon déroulement de la compétition.

Le chrono est enclenché et les craintes accentuées. La CAF risque de revoir ses plans pour trouver un pays hôte de la prochaine messe africaine. En tout cas, l’instance confédérale a déjà pris les précautions après la dernière inspection d’Anthony Baffoe, le secrétaire général adjoint de la structure d’Ahmad Ahmad. Baffoe exigé aux autorités locales à ce que les chantiers soient terminés au plus tard en juin 2020, soit un an avant la CAN.
«La CAF a bien insisté sur le fait que le délai restait très court puisqu’elle veut que les terrains soient prêts un an avant l’événement. C’est-à-dire en juin 2020. Cela fait 9 mois. Ça reste un délai court mais ils ont beaucoup insisté là-dessus disant qu’il n’y avait plus de temps à perdre (…) On a prévu 6-7 mois de travaux. Il faut savoir qu’après les travaux il y a de toute façon un petit temps de réception qui peut durer 1 à 2 mois. Il y a donc zéro marge aujourd’hui », a déclaré Benoît Fabre, le coordonnateur du projet de construction du stade d’Olembe au micro de la CRTV. Ainsi, la CAF a lancé un message : elle ne badine pas quand il s’agit de son événement phare qui se déroule tous les deux ans.
L’organisme chargé de diriger la balle ronde continental n’aimerait pas se trouver dans la même situation qu’il a connue avant l’opus 2019 dont la nation organisatrice n’a été choisie que le 9 janvier. Soit cinq mois seulement avant le lancement de l’épreuve.

L’Algérie n’a pas d’atouts
En résumé, Ahmad Ahmad et ses collaborateurs veulent avoir une marge de manœuvre pour pouvoir palier à tout éventuel contretemps. Il serait donc peu probable de confier la CAN à venir à l’Algérie. Et ce, malgré les prétentions de Raouf Salim Bernaoui, premier responsable au ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS). Ce denier affirme, sans cesse, que notre pays est en mesure de remplacer le Cameroun. « Il a été demandé à l’Algérie de se préparer en cas de retrait de la CAN 2021 au Cameroun. Nous espérons qu’elle se fasse là-bas. Les autorités publiques ont donné un accord à la Fédération algérienne de football pour se présenter au cas où le Cameroun n’y arriverait pas », avait-il maladroitement révélé fin juillet dernier. Avec quelles enceintes ?
La question est légitime sachant la cadence des chantiers dans les différentes enceintes en construction. Certaines ont été lancées il y a 10 ans et n’ont toujours pas été remises.
Une sortie surprenante qui n’a pas manqué de susciter les réactions depuis le pays des « Lions indomptables ». « J’ai été stupéfait comme tout le monde mais pars je suis allé à la quête de l’information. Je pense quand même que les propos du ministre des Sports algérien ont été probablement un tout petit peu déformés », réagira Seidou Mbombo Njoya, président de la Fecafoot, non sans tenter d’assurer qu’ « aucune menace ne pèse sur la CAN au Cameroun.»  Affaire à suivre. Même si la tendance serait pour le re-glissement du calendrier avec la Côte d’Ivoire qui reprendra sa CAN-2021 et la Guinée celle de 2023.n