C’est demain que le coup d’envoi du 23e Championnat d’Afrique de handball masculin sera donné au Gabon. La messe continentale s’étendra jusqu’au 27 du mois en cours.

Onze jours de compétition à l’issue desquels on connaîtra la sélection qui succèdera à l’Egypte sacrée sur ses terres il y a deux années de cela. La Tunisie, vice-championne d’Afrique, sera l’un des grandissimes favoris pour menacer le règne des Pharaons. Il y aura aussi l’Angola, troisième lors de l’opus 2016. Quatrième il y a deux ans, l’Algérie ne semble pas avoir les armes, ni avoir fait la préparation pour prétendre être dans le coup.

Hier matin, l’équipe nationale s’est envolée vers Libreville qu’elle a ralliée aux alentours de 18h30 après une escale programmée à Paris. Un long périple qui ressemble déjà à un chemin de croix pour nos handballeurs à qui on n’a présenté aucune assurance sur le plan de la préparation du côté de la Fédération algérienne de handball (FAHB). Le président Habib Labane et son bureau ont clairement failli dans la mission de mettre le sept national dans les meilleures conditions qui soient pour affûter ses armes avant l’épreuve gabonaise.
Par conséquent, de leur côté, les coéquipiers de Ryad Chahbour ne peuvent rien promettre ni avoir la prétention d’aller titiller les désormais (plus ?) grosses écuries handballistiques en Afrique, à savoir l’Egypte, la Tunisie et même l’Angola dont la progression dans la discipline est désormais manifeste. Il y a deux ans, les Verts se rendaient en Egypte avec un statut de champion d’Afrique. Aujourd’hui, ils voyagent au Gabon les valises pleines de… doutes.
Comment ne pas en avoir quand on sait que la préparation a été faite en catastrophe ? Beaucoup trop juste pour une compétition de plus en plus exigeante avec le progrès notable chez de nombreuses sélections. Les craintes sont là. Même chez les éléments expérimentés à l’instar du gardien et capitaine Abdellah Benmenni.
«Je ne vous cache pas que malgré l’expérience de la plupart des joueurs, la mission au Gabon ne sera pas facile. Nous allons affronter des équipes bien préparées et mieux préparées que nous bien sûr. Il ne faut pas oublier qu’on a un mois et demi de préparations seulement. C’est vrai que c’est peu, trop peu même pour aspirer à se préparer convenablement pour le championnat d’Afrique des Nations, mais on tachera de donner le meilleur de nous-même sur le terrain pour se surpasser», a-t-il relevé.

Le baromètre tunisien
Donner le meilleur, serait-il suffisant quand on ne se prépare pas dans des conditions optimales ? Le haut niveau est certainement trop capricieux pour accepter le minimum syndical. Pour sa part, la reine africaine ne succombe qu’à ceux qui se sont mis sur leur 31 avant de venir la courtiser. L’Egypte et la Tunisie ont l’étoffe pour la séduire. En effet, les Tunisiens ont été versés dans la poule «A» tout comme l’Algérie en compagnie du Cameroun, du Congo Brazzaville et du Gabon pays hôte. Un quintet où la troupe au Hiouani- Zineddine (sélectionneurs de l’Algérie) devrait s’en sortir sauf grande catastrophe sachant que les quatre premiers de chaque groupe passeront en quarts de finale. Après, reste à savoir à quelle marche nos représentants termineront à l’issue de ce premier écrémage où ils seront sérieusement testés.
Le match phare sera certainement celui face aux Aigles de Carthage lors de la 4e journée. Un 23e derby maghrébin prévu le 21 janvier prochain. Un affrontement qui nous dira un peu plus sur les capacités réelles de nos handballeurs. Lors des 22 précédents duels, les Tunisiens s’étaient imposés à 11 reprises pour 9 défaites et deux nuls. Ce match-là nous dira si nos Dz ont le potentiel d’aller loin ou se contenter de minimiser les dégâts lors de cette campagne.

L’Egypte intouchable ?
Dans l’autre quintuor, l’Egypte devrait faire cavalier seul puisque le Maroc, le Nigéria, la RD Congo ne devraient pas empêcher les Pharaons de trôner sur la poule «B». Seule l’Angola, médaillée de bronze en 2016, pourrait poser quelques problèmes aux tenants du titre. Mohamed Shebib, l’un des rares joueurs qui évoluent en Europe (Pays d’Aix UCH), & cie ont la voie toute tracée pour atteindre le dernier carré dans un premier temps avant de penser à préserver leur bien. Ce qui est certain, c’est que les septuples champions d’Afrique ont leurs traditions dans cette épreuve et comptent bien les perpétuer pour glaner une nouvelle consécration et se rapprocher de la Tunisie qui en compte neuf (record) devant l’Algérie (7). Après, le fait que cette manifestation se tienne loin de l’Afrique du Nord pourrait causer quelques soucis d’acclimatation pour les organismes. L’impact physique sera conséquent et il faudra répondre présent.
On pourrait peut-être assister à une petite rébellion chez les sélections subsahariennes plus habituées à l’humidité donc plus aptes à mettre de l’intensité. Les deux ou trois premiers matchs nous renseigneront un peu plus sur les aptitudes de chacune de 10 équipes qui animeront ce rendez-vous.