On le savait, les délais seront très courts pour mobiliser les troupes et consolider les compartiments.

Si le stage précompétitif pour la Coupe d’Afrique des nations 2017 (14 janvier – 5 février au Gabon) a débuté officiellement le 2 janvier, ce n’est qu’à partir d’hier que le sélectionneur national, Georges Leekens, a eu tous les joueurs retenus à sa disposition. Le technicien belge a dix jours pour essayer de tout mettre en place avant de se lancer dans le bain de la CAN.

Dire que les «Verts» sont prêts pour la messe gabonaise serait mentir. Les lacunes à combler, il y en a tellement. Le potentiel pour colmater les brèches et les déficits y est toutefois. Reste à savoir comment le coach des «Verts» et son staff en feront usage. Et bien sûr, la grande préoccupation reste la défense. Cette derrière ligne qui doit être solide pour tenir face à l’énorme défit physique qu’imposent habituellement les sélections subsahariennes dans cette compétition. Il faut reconnaître qu’en se passant de Carl Medjani, le premier patron de la barre technique a fait un choix fort. Peut-être même assez risqué. Reste à savoir si la décision sera positive ou préjudiciable pour un compartiment à la traine depuis la Coupe du Monde 2014 au Brésil. Seul Vahid Halilhodzic avait réussi à masquer les carences dans ce compartiment en mettant Medjani comme sentinelle devant une défense à quatre avec un arrière-droit qui n’était pas de prédilection : Mehdi Mostefa (milieu de terrain de nature) en l’occurrence. Leekens devra aussi y remédier dans les jours à venir en essayant de trouver le bon joueur à chaque poste selon le dispositif tactique qu’il envisage de prôner lors du tournoi africain. Quand on a des délais aussi restreints, la première solution qui vient à l’esprit serait de mettre de la densité dans le secteur défaillant. C’est pour cela que le successeur de Milovan Rajevac a prévu pas moins de quatre éléments qui peuvent jouer en défense centrale (Belkaroui, Mandi, Cadamuro et Benyahia). Sur chaque flan de la défense il aura deux joueurs. Un titulaire et une doublure. L’ancien boss du banc de la Tunisie a donc pris des précautions craignant que le scénario d’avant-Nigéria se reproduise «Contre le Nigéria, j’ai dû attendre le dernier jour pour prendre une décision concernant Ghoulam. On était sans réelle alternative pour ce qui est du poste d’arrière-gauche. Au Gabon on n’aura pas ce problème. Mesbah est un joueur expérimenté qui a les qualités requises pour le niveau international», rappelait Leekens, lundi, en conférence de presse. Vu la liste concoctée pour ce rendez-vous biennal, le Belge semble enclin à jouer avec un 4-5-1 flexible qui passe à 5-4-1 lorsque l’adversaire aura le ballon. Par ailleurs, celui qui a été intronisé en novembre dernier à la tête d’«El-Khadra» a laissé entendre qu’il essaierait d’adapter son schéma tactique selon les circonstances. «Vous savez ? J’essaye de trouver le bon équilibre pour qu’on soit solide derrière et efficace devant. Je suis adepte du jeu en bloc. Il faudra savoir attaquer en nombre et ne pas laisser la porte ouverte derrière. Même les ailiers et les milieux offensifs devront s’acquitter de leur rôle défensif. L’emplacement sur le terrain est très important et ma tactique je la fais en fonction de la forme de mes joueurs», avait révélé le conférencier. En Afrique, c’est toujours le collectif qui doit prévaloir sur les individualités. La cohésion reste la clé principale pour le succès. Si l’Algérie a «des joueurs de talent qui peuvent faire la différence à tout moment», à l’instar des Mahrez et Brahimi, collectivement, Islam Slimani & cie doivent mûrir un peu plus pour espérer aller loin. Et il faudra trouver la recette de la maturité.