L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a réagi aux commentaires suscités par les images des meetings politiques dans le cadre de la campagne référendaire sur la révision constitutionnelle, où le protocole sanitaire a été foulé aux pieds, notamment lors de la rencontre publique du Front de libération nationale (FLN), qui a drainé une foule considérable agglutinée dans une salle fermée. En déphasage avec les exigences de l’heure, notamment avec le rebond de cas de contaminations, les images ont choqué plus d’un, jusqu’à ce que les gens pointent du doigt un manque de rigueur flagrant dans l’application des règles sanitaires.

L’instance présidée par Mohamed Charfi appelle désormais à un «respect strict» du protocole sanitaire en vigueur dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la Covid-19, estimant dans un communiqué que l’octroi des salles et autres espaces pour abriter les rassemblements et meetings dans le cadre de la campagne référendaire sur le projet d’amendement de la Constitution était soumis à une autorisation préalable délivrée par l’autorité administrative et tributaire de l’application stricte du protocole sanitaire.
Cette décision intervient en application de l’arrêté du 3 octobre 2020 fixant les règles régissant la tenue des réunions et manifestations publiques dans le cadre de la campagne référendaire sur le projet d’amendement de la Constitution, notamment son article 7, souligne l’ANIE, qui relève que «le port obligatoire du masque, le respect de la distanciation physique et la mise à disponibilité du gel hydroalcoolique désinfectant».
L’ANIE, qui fait office depuis la présidentielle de 2019 d’instance d’encadrement des échéances électorales, a invité, dans ce sen, l’ensemble des acteurs à faire montre de «responsabilité» en veillant à «l’application rigoureuse des gestes barrières en vigueur afin d’éviter toute éventuelle propagation du coronavirus et préserver la santé et l’intégrité des citoyens».
Cette montée au créneau de l’ANIE succède, en effet, à la mise au point adressée avant-hier et de manière très pédagogique par le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, invité à livrer son avis quant au non-respect du protocole sanitaire par les acteurs politiques alors que les appels à la vigilance sont toujours de mise notamment de la part des voix de la santé.
«Vous faites peut-être allusion à une réunion politique qui a eu lieu, moi aussi j’en ai vu des photos. Bien sûr que la responsabilité incombe aux organisateurs et aussi aux personnes présentes. On n’a pas besoin de dicter aux gens, chacun doit se protéger et protéger autrui. Nous insistons toujours avec force sur le respect des mesures barrières», a répondu le ministre de la Santé. «Nous sommes un comité scientifique, nous donnons des recommandations. Nous ne faisons aucune injonction et il appartient à tous ceux qui désirent se regrouper de faire attention et de suivre les recommandations qui s’appliquent à tous», a-t-il indiqué. Ajoutant que «tout regroupement est bien entendu soumis au protocole sanitaire qui prévoit la distanciation physique et le port du masque dans les espaces clos».
Pour sa part, le professeur Bekkat-Berkani, membre du Comité scientifique de suivi de la pandémie, est allé droit au but en réclamant l’application de la loi. «Il faut appliquer la loi qui énonce l’impérative distanciation sociale et l’obligation du port du masque, en particulier, dans les regroupements qui ont lieu dans des espaces confinés», a déclaré M. Berkani, qui rappelle que «la loi ce n’est pas que de l’encre sur du papier, mais la loi c’est 10 000 DA d’amende pour les contrevenants quels que soient les individus».
Les formations politiques sur le terrain de la campagne référendaire vont-elles se conformer à cette mise en garde de l’ANIE ? Les prochains jours nous le diront. n