Deuxième année consécutive de faible moisson céréalière. Un constat révélé par le ministre de l’Agriculture et du Développement rural Abdelhamid Hemdani. C’était lors d’un point de presse qu’il a animé en marge d’une réunion des cadres du secteur, hier, en son siège.

Sans pour autant donner de chiffres exacts sur la campagne moissons-battage 2020, il s’est contenté de révéler : «Nous sommes dans l’attente de la consolidation des résultats de la moisson qui nous sont parvenus pour pouvoir les rendre publics.» Informant par ailleurs que «les rendements à l’hectare toutes variétés confondues, qui ont soldé la campagne 2020, sont en net recul par rapport à la moisson exceptionnelle de 2018 qui s’est soldée par un volume de près de 60 millions de quintaux». Non sans préciser : «C’est la deuxième année consécutive que les rendements ne correspondent pas aux objectifs escomptés par le ministère de l’Agriculture.» Dans ce sillage, Hemdani a évoqué les raisons qui lui semblent à l’origine des reculs des rendements enregistrés. «Certes, le stress hydrique peut être mis au premier rang des causes, mais il y a aussi ce manque de volonté de notre part à développer l’irrigation d’appoint dès lors où le stress hydrique s’affirme d’année en année comme une constante incontournable sur la scène agricole du pays. De plus, et c’est d’autant plus regrettable, la bureaucratie fait encore des siennes», s’est insurgé le ministre. A ce propos, il se dit outré que «le traitement d’une demande de crédit de campagne, plus connue sous l’appellation Rfig, déposée par les céréaliculteurs dépasse parfois sept mois. Il y a de quoi décourager un grand nombre d’exploitants agricoles et par voie de conséquence diminuer leur périmètre d’emblavement en céréales, faute de pouvoir disposer du financement nécessaire pour toute leur exploitation agricole». Poursuivant, il annonce que «le traitement de dossier ne doit plus dépasser les 20 jours. C’est ce qu’on a dorénavant convenu avec la Banque agricole et de développement rural (BADR)». Toujours dans ce même ordre d’idées, le ministre ne s’est pas empêché de rapporter que des wilayas, sans les citer, à fort potentiel de production de céréales ou de pomme de terre enregistrent ces dernières années des reculs de leur cueillette de 20 à 30%. «Ce qui n’est pas sans laisser perplexe quant au risque de voir cette tendance à la baisse perdurer et le cas échéant une facture d’importation à la hausse au moment où l’Etat vise dans l’immédiat à réduire les dépenses d’achat en besoin de consommation à l’externe», a-t-il confié. A la question d’une consœur relative au foncier agricole qui fait l’objet de convoitise, le ministre a été formel : «J’ai demandé aux DSA de s’en tenir au strict respect des instructions réglementaires.» Et de préciser dans la foulée : «Le foncier agricole est régi par un dispositif réglementaire clair et d’aucun ne saurait l’ignorer». Ce dernier rappelant qu’un décret portant création d’un office pour l’investissement dans l’agriculture vient d’être promulgué. «Et donc il ne reste plus qu’aux investisseurs de se rapprocher de l’Office», a-t-il enfin lancé. Notons que ce dernier avait auparavant, dans son discours donné à l’occasion de la réunion des cadres, quelque peu sermonné les Directeurs des services agricoles de wilayas (DSA). Leur révélant que le secteur avait besoin d’un grand nettoyage. «Je vous demande de vous engager dans ce sens afin de se débarrasser de la bureaucratie», a-t-il lancé à ses cadres. Ce dernier a par ailleurs instruit que le secteur a un besoin rapide de «recadrage sans cela il risque d’hypothéquer notre sécurité alimentaire», a-t-il averti. Après quoi, il a énoncé la nouvelle feuille de route qui va être mise à exécution et lever toutes les entraves bureaucratiques et hisser les capacités de production du secteur.
Rappelons enfin que lors de cette réunion des cadres, le plan opérationnel de la campagne labours-semailles qui vient d’être lancée a fait l’objet d’une communication mettant en exergue les volumes de semences et d’engrais mis à la disposition des céréaliculteurs pour une surface totale emblavées de 3,5 millions d’hectares contre 3,2 la précédente campagne. <