L’opération vise à sensibiliser en faveur de la lutte contre la violence basée sur le genre. Elle se déroulera du 25 novembre au
10 décembre.

PAR INES DALI
L’Algérie s’apprête à lancer à la fin de la semaine «la campagne des 16 jours d’activisme pour la lutte contre la violence basée sur le genre», organisée par le Programme des Nations unies pour la population (FNUAP) dans l’ensemble des pays du monde. Le bureau Algérie de cette instance onusienne veut sensibiliser, à travers cette campagne qui se déroulera du 25 novembre au 10 décembre 2021, sur la violence faite aux femmes et aux filles également, d’où l’appellation de la «violence basée sur le genre» et pas seulement «violence faite aux femmes».
Cette campagne sera marquée par la participation de l’ensemble des médias, tous supports confondus, afin qu’ils se fassent la tribune et le porte-voix de «celles qu’on n’entend pas». Il s’agit de ne plus taire leur douleur afin de pouvoir lutter contre la violence qu’elles subissent. Sinon, comment pourrait-on lutter contre quelque chose qu’on ignore si ce n’est en lui donnant forme à travers des témoignages de faits, des statistiques fiables et mises à jour, mais aussi en mettant des mécanismes juridiques, institutionnels et autres pour, au moins, atténuer ce phénomène. La campagne des 16 jours devra se pencher sur toutes sortes de violence dont celle qui conduit à la perte de la vie. «49 femmes ont été victimes de féminicide entre janvier 2021 et le 8 novembre de la même année», selon le site dédié aux féminicides en Algérie, qui indique effectuer un recensement qui consiste en une veille permanente de l’actualité nationale relative à ce fléau dans le pays. C’est un phénomène contre lequel une lutte sans merci devrait être menée afin que puisse être mis un terme à de tels actes, car nul n’a le droit d’ôter la vie de quiconque sous aucun prétexte.
En outre, les derniers chiffres disponibles communiqués par la Gendarmerie nationale font état de près de 7.994 femmes ayant subi une violence durant les huit premiers mois de l’année en cours, dont un peu plus de la moitié (51%) relèvent de l’humiliation et de la menace. Viennent ensuite les agressions physiques avec 38% du total des violences, les atteintes à la vie personnelle avec un taux de 4% ainsi que les kidnappings des filles avec un taux de 2%. Parmi ces dernières, 2% ont subi des actes immoraux et autant ont été incitées à l’acte sexuel, tandis que 1% d’entre elles ont été sujettes à des harcèlements sexuels.
Il y a lieu de noter, toutefois, que ces chiffres ne sont pas exhaustifs et ne reflètent pas la réalité de ce qui se passe comme violence contre les femmes dans la société, car nombreuses sont celles qui ne déclarent pas avoir subi de violence et ne dénoncent pas leur auteur. Elles la subissent sans en parler pour différentes raisons. La campagne que veut mener le FNUAP a pour objectif de lever le voile sur les différentes formes et lieux où s’exerce la violence contre les femmes et les filles, que ce soit «dans la rue, au niveau du domicile ou encore au travail et tout autre lieu public, car la violence est présente partout», ont affirmé les responsables du bureau Algérie de cet organisme onusien. L’autre objectif important assigné à la campagne, c’est de «sensibiliser le maximum possible, aussi bien les adultes que les enfants, car l’enfant d’aujourd’hui devrait être éduqué sur la notion du respect de l’autre, du respect de la femme qui est sa mère, sa sœur, sa fille…». Au-delà des mécanismes juridiques dissuasifs, il s’agit de «dispenser aux enfants, dès leur jeune âge, une éducation qui n’est pas basée sur le genre». C’est de cette façon que la société algérienne, et les sociétés dans le monde entier, pourront lutter efficacement contre la violence faite aux femmes et aux filles. Il faut agir pour aujourd’hui, et c’est le plus urgent certes, mais aussi pour le futur.
La «campagne des 16 jours d’activisme pour la lutte contre la violence basée sur le genre» est organisée en coordination avec le gouvernement algérien et différentes institutions nationales, ainsi qu’avec divers organismes internationaux dont l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). <