Dernière ligne droite pour le lancement de la campagne de vaccination contre le nouveau coronavirus. La confirmation est venue, hier, du Pr Ryad Mehyaoui, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie qui a affirmé que celle-ci devrait débuter vers «la mi-janvier» ou vers «la dernière semaine de janvier». Même s’il ne peut donner de précision, il considère néanmoins que «les procédures sont en cours» et «la vaccination est imminente».

C’est le vaccin russe «Spoutnik V qui sera administré pour la première période de vaccination» et dont «l’efficacité supérieure à 92% a été prouvée par les scientifiques et les effets secondaires considérés minimes, comme ceux connus pour les autres vaccins», a déclaré le Pr Mehyaoui, rappelant que l’Algérie a, dès le début, assuré qu’elle opterait pour un vaccin sûr et efficace. Le vaccin sera administré en deux doses prévues initialement à un intervalle de deux ou trois semaines, mais les experts sont en train d’étudier un intervalle de six semaines qui, selon eux, pourrait donner une plus grande immunité sur une durée plus longue, a-t-il indiqué. Il soulignera que la vaccination sera progressive et ne pourra pas concerner des millions de personnes à la fois, d’où, l’arrivée des doses sera aussi progressive, révélant que «la vaccination pourrait durer peut-être un an ou un peu plus, pour arriver à faire accepter tous les citoyens et les faire vacciner».
A la question de savoir s’il y a des obstacles quant à l’arrivée du vaccin, le Pr Mehyaoui a indiqué que lors d’une réunion tenue la veille (samedi), «ils ont déclaré que toutes les signatures et visas, y compris dans le domaine de la finance, ont été accomplis. Tout est prêt, il n’y a aucun verrou et ne reste que l’arrivée du vaccin».
Concernant la logistique mise en place, une «opération d’envergure», il a affirmé que le ministère de la Santé a veillé à la préparation de toutes les unités dans lesquelles se fera la vaccination, comme les centres de santé primaires, les hôpitaux, les EHS, les CHU, etc. Ce sont «plus de 8.000 structures sanitaires qui sont réservées à la vaccination. Nous avons bien étudié cet aspect et avons vu que ce nombre est suffisant», selon le même responsable, qui a fait, par ailleurs, état d’un programme de formation au profit du personnel devant prendre en charge la vaccination.
«Nous avons choisi un vaccin qui soit le mieux adapté à ce que nous avons comme logistique pour son acheminement et sa conservation, notamment en ce qui concerne la chaine de froid. Tous les moyens de stockage et de distribution y compris pour des températures basses sont disponibles, surtout au vu de la quantité que l’Algérie va importer au début [500.000 doses, ndlr]», selon le membre du Comité scientifique. Pour lui, même si l’Algérie devait importer un vaccin nécessitant une très basse température, cela ne sera pas un problème. «Un seul vaccin ne suffit pas et c’est clair que l’Algérie aura recours à plus d’un laboratoire. Nous avons des contacts avec tous les laboratoires ayant un candidat vaccins ainsi que les informations sur leurs produits», a-t-il, avant de répondre à la question de savoir si le vaccin de Pfizer-BioNTech est écarté : «Il sera probablement acquis dans le cadre du système Covax» qui garantit 20% des besoins du pays. «Dans Covax, au premier trimestre, on va ramener un vaccin qui même s’il s’avère être celui qui nécessite une très basse température, le pays a les moyens pour la quantité qu’il va importer», a-t-il assuré, notant que dans le classement effectué pour les candidats vaccins, «après le Spoutnik V, il y a l’antidote chinois et celui d’AstraZeneca, conformément aux critères qui sont en adéquation avec le système vaccinal du pays».
Sensibiliser pour convaincre
Revenant sur la sensibilisation sur les bienfaits de la vaccination, surtout que bon nombre ne semble pas y adhérer, il a assuré qu’il y a une grande écoute au ministère de la Santé sur toutes les questions qui sont en train d’être posées sur le vaccin et la vaccination, rappelant, par la même occasion que pour atteindre l’immunité collective, il faut vacciner «70% de la population âgée de 18 ans et plus». Cela nécessite des millions de doses c’est pour ça que la vaccination est étalée dans le temps. Le plus important, c’est d’avoir «une liste prioritaire» qui comprend notamment «les sujets à risque, comme les malades chroniques, les personnes âgées de 65 ans et plus qui sont des personnes développant les formes graves de la maladie, et pour diminuer ces formes graves, on doit commencer par cette catégorie». Il y a aussi «les personnels de la santé qui sont exposés à la maladie et autres personnels dans des fonctions stratégiques, comme ceux de la sécurité». On commence d’abord par ceux-là ensuite on passe aux autres citoyens qui n’ont pas de symptômes jusqu’à arriver à ceux qui ont moins de 50 ans, selon le Pr Mehyaoui.
«Une fois que la vaccination va démarrer et que les citoyens pourront voir un peu les résultats, ils iraient alors vers la vaccination. Le plus important, c’est qu’ils soient sensibilisés et convaincus et, surtout, conscients que le vaccin est la seule solution contre le coronavirus», a insisté le membre du Comité scientifique.
«Le Covid-19 a fait près de 90 millions de cas et près de 2 millions de morts dans le monde et le vaccin reste le seul espoir d’être épargné et de permettre le retour à une vie socio-économique. Mais en attendant, il est indispensable de continuer à respecter les mesures de prévention, car le vaccin diminue la contagiosité et la forme grave de la maladie chez les personnes âgées, mais n’arrête pas la pandémie, d’où la prévention doit ne doit absolument pas cesser», a-t-il recommandé, avant de conclure : «Ce qui est certain, c’est que tout ce qui est du ressort de l’Etat en moyens humains et logistiques est prêt. Dès que le vaccin arrive, la campagne de vaccination peut débuter». n