Par Sihem Bounabi
Après la sortie médiatique de plusieurs personnalités du secteur de la santé, tirant la sonnette d’alarme sur le ralentissement de la campagne de vaccination contre la Covid-19, le constat dans le retard de l’arrivée des vaccins se confirme de plus en plus au niveau des structures hospitalières et des unités de vaccination.
Dr Youcef Boudjelal, microbiologiste et secrétaire général du Syndicat algérien des biologistes de la santé publique (SABSP), a déclaré à Reporters que «les listes d’attente des citoyens qui se sont inscrits pour se faire vacciner s’allongent de plus en plus chaque jour et, par conséquent, il faudra plusieurs semaines d’attente pour se faire vacciner».
Dr Youcef Boudjelal nous explique ce ralentissement par le fait qu’il y a eu un cumul de retard dans la réception des vaccins, qui a connu des décalages d’arrivée qui s’étalent jusqu’à deux semaines, comme cela a été le cas entre l’arrivée du vaccin russe Spoutnik V et le vaccin AstraZeneca, qui a duré près de deux semaines. Il y a eu le même scénario de décalage entre l’arrivée du vaccin développé par l’université d’Oxford et le vaccin chinois Sinopharm. Il nous souligne à ce propos que «c’est ce décalage entre l’arrivée des vaccins qui a créé une sorte de retard et un encombrement au niveau des structures où se déroule la campagne de vaccination qui doivent répondre aux besoins des citoyens». Concernant la reprise de la campagne de vaccination, il confie qu’«il y a des échos d’un nouvel arrivage très bientôt pour poursuivre la campagne de vaccination. Mais, on ne sait pas quand exactement ni de quel vaccin il s’agit. Même s’il y a une forte possibilité qu’il s’agirait du vaccin russe Spoutnik V». Il tient toutefois à rassurer les citoyens qui ont déjà injecté la première dose du vaccin, que la deuxième dose est inclue automatiquement dans le quota de la première dose d’autant plus qu’il y a un délai à respecter qui équivaut pour certains vaccins à 21 jours et à d’autres 28 jours. En affirmant que la plupart de ceux qui ont reçu la première dose du vaccin ont déjà reçu la deuxième. Il tient également à ajouter qu’il y a eu des échos de personnes vaccinées qui se sont alarmées sur des effets secondaires à l’instar des symptômes de fièvre ou des vertiges, le microbiologiste tient à rappeler que ce sont des effets bénins qui sont inhérents à la vaccination et où il n’y a pas un grand risque de complications sauf dans des cas très rares. Il affirme que pour le moment, il n’y a eu aucun constat d’effets secondaires graves chez les personnes vaccinées en Algérie. Ainsi, la véritable problématique actuellement ce sont les personnes qui attendent d’être vaccinées. «Il y a une accumulation de listes d’attente des personnes qui se sont inscrites sur le site officiel, lancé par le ministère de la Santé, et qui s’allonge chaque jour», a-t-il expliqué. Il explique également que cette liste d’attente diffère selon les wilayas, en soulignant que «les directions de santé publique des wilayas ont mis à la disposition des citoyens le lien officiel pour s’inscrire sur les listes d’attente mais c’est le ministère de la Santé qui est responsable de l’envoi des quotas du vaccin». Il revient sur cette question de ralentissement de la campagne de vaccination en soulignant que «si on prend le sacs d’une unité d’une wilaya où il y a une liste d’attente de 400 personnes, en principe, à la cadence de vaccination de 70 personnes par jour, en une semaine, toutes ces personnes sont vaccinées». Toutefois ce qui est constaté, selon notre interlocuteur, c’est qu’il y a un cumul au fil des semaines et la campagne de vaccination est stoppée car il n’y a plus de vaccins en stock au niveau de la structure où se sont inscrites ces 400 personnes». Par conséquent, chaque jour, il y a plus d’inscrits et de facto l’attente se fait encore plus longue car il n’y a pas de nouveaux arrivages de vaccins. Dr Youcef Boujedal tient à préciser que «les quotas par wilaya sont envoyés par le ministère de la Santé qui détermine les nombre par wilaya et qu’elle envoie au niveau des Directions de santé publique des wilayas. Normalement, elle a les bonnes estimations des demandes par wilaya puisque les listes d’enregistrement sont visibles sur le site lancé justement pour avoir plus de visibilité sur cette campagne de vaccination. <