L’Association féministe pour l’épanouissement de la personne et l’exercice de la citoyenneté (Afepec), basée à Oran, a saisi l’occasion de la célébration, hier, de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes pour appeler à l’égalité entre les femmes et les hommes ainsi qu’à la levée des réserves sur la convention internationale pour l’élimination de toutes les formes de discriminations envers les femmes (Cedaw).

Dans un communiqué publié à l’occasion, l’Afepec informe qu’elle consacre sa 12e campagne annuelle contre les violences faites aux femmes «à la lutte contre la première de ces violences et dont découlent toutes les autres : le déni des droits des femmes, les inégalités et les discriminations codifiées. Nous menons donc campagne pour la levée des réserves sur la convention internationale pour l’élimination de toutes les formes de discriminations envers les femmes (Cedaw-Cedef)». Quelles sont ces réserves ? En 1996, l’Algérie avait ratifié la Cedaw, mais celle-ci est restée depuis caduque du fait que ses textes n’avaient eu aucune incidence juridique, à cause justement des réserves qu’avait émises le pays sur certaines dispositions de cette convention. D’ailleurs, la majorité des Etats arabes ont présenté des réserves. Parmi ces réserves, celles portant sur la transmission de la nationalité à l’enfant par la mère qui a été levée.

L’Algérie a également formulé des réserves sur l’article 15, qui concerne le droit de la femme de choisir sa résidence et son domicile : ce droit ne doit pas être interprété dans un sens qui irait à l’encontre des dispositions du chapitre 4 (article 37) du code algérien de la famille. Ce n’est pas la première fois que l’Afepec appelle les autorités du pays à lever toutes les réserves sur la Cedaw afin de permettre à la femme algérienne de s’y référer pour défendre ses droits. Pour l’association, «le 25 novembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, a toujours été une occasion pour l’Afepec de rendre plus visibles les violences faites aux femmes issues des inégalités entre les femmes et les hommes, de la domination masculine, du conservatisme, de l’islamisme, de la misogynie et des préjugés sexistes». L’Afepec parle également des «entraves aussi incompréhensibles que brutales au combat féministe que nous menons depuis bientôt trois décennies. Nous empêcher de dire, de faire, d’agir [qui] comptent parmi ces violences». En conclusion l’association assure, que les «pressions, le délabrement avancé de nos locaux, scellés et descellés selon le bon vouloir du pouvoir local, l’interdiction de disposer de lieux de rencontres avec le public ne nous empêcheront pas de rester mobilisés pour faire reculer les violences faites aux femmes, de continuer à revendiquer des lois civiles égalitaires, de poursuivre notre campagne pour la levée des réserves sur la Cedaw-Cedef, de défendre notre droit à nous exprimer, à revendiquer, à nous organiser et à agir pour les droits des femmes, tous les droits».n