La campagne électorale pour la présidentielle d’avril prochain semble s’installer bien avant l’heure comme le témoignent les actions menées en lien direct avec l’évènement aussi bien par les soutiens à la candidature du Président sortant que chez ceux qui s’opposent à sa reconduction pour un 5e mandat. Sitôt la candidature du chef de l’Etat annoncée officiellement dimanche dernier, sitôt la direction de sa campagne, confiée à l’ancien premier ministre, Abdelmalek Sellal, s’est mise à l’œuvre en entamant une série de rencontres avec différentes organisations. La première destination de M. Sellal a été l’Organisation nationale des moudjahidines (ONM) avec qui il a abordé le message de candidature du chef de l’Etat ainsi que son offre de réforme profonde à travers la conférence de consensus annoncée par M. Bouteflika en cas de réélection à la tête de l’Etat. La candidature du président sortant, qui compte déjà de nombreux soutiens parmi les partis politiques, a enregistré hier le ralliement des organisations patronales : l’UGTA, le FCE, la Confédération nationale du patronat algérien (CNPA), la Confédération algérienne du patronat (CAP), la Confédération des industriels et des producteurs algériens (CIPA), l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA)…
Renforcé donc par ces marques de soutiens, le staff de Sellal tente manifestement d’élargir ses adhésions en multipliant les rencontres avec diverses franges de la société.
S’il ne fait pas de doute que la candidature du président Bouteflika peut compter sur plusieurs entités, allant des partis politiques de l’Alliance présidentielle (FLN-RND-TAJ-MPA) à l’autre conglomérat de formations structurées autour de l’ANR, il est cependant certains que la partie ne sera pas une sinécure. Les partisans de la candidature de Bouteflika sont visiblement appelés à mener une campagne à la hauteur de l’échéance présidentielle et ne pas se contenter de vieilles recettes quand bien même celles-ci auraient été efficaces à l’occasion de précédents rendez-vous électoraux.
Vraisemblablement, l’équipe de Sellal doit faire preuve d’ingéniosité et mener une campagne électorale où l’argumentation et la persuasion doivent être au rendez-vous.
Et le message de candidature du président sortant est vraisemblablement porteur
du socle de ce que pourrait être sa campagne électorale, notamment à travers l’offre de conférence de consensus.
Et si les partisans de
M. Bouteflika défendent l’option de «la continuité», les opposants à un cinquième mandat du chef de l’Etat appellent, pour leur part, à «la mobilisation citoyenne». C’est ainsi que le mouvement Mouwatana, qui s’inscrit contre la reconduction de M. Bouteflika à la tête de l’Etat, appelle à «une première journée de mobilisation citoyenne » pour dimanche prochain.
D’autres formations politiques, qui ont tourné le dos au scrutin du 18 avril prochain, à l’image du Front des forces socialistes (FFS) et du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), qui, après avoir acté leur « boycott » et « rejet » du rendez-vous, s’affairent à investir le terrain prochainement. Objectif : expliquer aux citoyens les motivations de leurs options respectives.
L’opinion publique attend par ailleurs que le Parti des travailleurs (PT) de Louisa Hanoune et Talaie El Houriyet d’Ali Benflis tranchent leur participation ou non à cette élection. Cette attente est justifiée par le fait que les deux partis ont retiré les formulaires de candidatures pour leur chef.
Elle est justifiée aussi par le fait que Mme Louisa Hanoune et Ali Benflis comptaient déjà des participations à des élections présidentielles. Pour l’heure, les organes de délibération de ces deux formations peinent à trancher la question qu’ils promettent pour la fin du mois en cours.<