Après la durée des prières, qui ont mis aux prises le ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa, et l’astrophysicien Loth Bonatiro, cette fois, c’est la date du début de l’Aïd El Fitr qui se retrouve, une nouvelle fois, au cœur d’une vive polémique entre les deux hommes.

Au 19e jour de Ramadhan, Loth Bonatiro a déclaré, en s’appuyant sur ses calculs et ses prévisions, que la fin du mois de Ramadhan interviendra le 14 juin et, par conséquent, l’Aïd El Fitr sera célébré le 15 juin, expliquant que le mois de Ramadhan, cette année, sera de 29 jours. Une initiative que le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs, Mohamed Aïssa, n’a pas semblé apprécier. Ce dernier a vite fait de réagir sur son compte officiel Facebook, rappelant que «seules les institutions officielles de l’Etat ont vocation à décréter la fin du mois de Ramadhan et le premier jour de l’Aïd». Une commission se réunit à l’occasion en vue de recueillir les informations sur l’apparition et la visibilité de la lune et, à partir de ces données, décréter ou non le début de l’Aïd.
«Personne n’est habilité à décréter le jour de la célébration de l’Aïd El Fitr en dehors de la commission nationale d’observation du croissant lunaire qui s’appuie sur le rapport du Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (Craag), les missions diplomatiques de l’Algérie dans les pays arabes et musulmans et enfin les délibérations des membres de la commission eux-mêmes», insiste Mohamed Aïssa. Il réitère que l’Algérie a toujours établi son calendrier de fêtes religieuses indépendamment de toute «dictée extérieure». Le ministre des Affaires religieuses et des Waks a dénoncé ceux qui «courent derrière la notoriété» en annonçant arbitrairement et par «anticipation» la date de la célébration de l’Aïd «en dépit de la loi divine et de la sagesse».
Faut-il rappeler qu’au début du Ramadhan, le même chercheur en astrophysique a accusé le ministère des Affaires religieuses et le Craag de «vouloir tromper les Algériens» en produisant un faux calendrier des horaires de rupture du jeûne, et donc des prières, imputant la responsabilité à un astronome amateur qui en a établi les règles depuis l’Indépendance. Le ministre n’a pas tardé à lui répondre, en soulignant que l’heure de la rupture du jeûne était fixée, selon le calendrier établi par le Craag, et que «les autorités n’ont aucun intérêt à laisser les Algériens jeûner plus ou moins que ce qui a été dicté par Dieu». A ce propos, le ministre poursuit que «contrairement à la prière que notre religion a liée à l’entrée de son temps légal, précisé dans des versets coraniques et expliqué par la Sunna, et qui peut être défini par des calculs et des calendriers, l’Islam a conditionné la pratique du jeûne à l’observation exclusive du croissant lunaire». Citant le hadith du Prophète (QSSSL) : «Commencez à jeûner lorsque vous le voyez (croissant de lune du mois de Ramadhan) et cessez de jeûner lorsque vous le voyez (croissant de lune du mois de Chawwal). Et si le temps est couvert, alors complétez les trente jours du mois de Chaâbane».