La Fédération nationale des travailleurs retraités (FNTR) – affiliée à l’UGTA – a appelé hier les pouvoirs publics à continuer à subventionner la Caisse nationale de retraite (CNR) jusqu’au rétablissement de son équilibre financier, en prenant des mesures « adéquates » à même de renflouer la trésorerie de cette caisse.

Sa fragilité n’est plus un secret, et hormis un chèque de 500 milliards de dinars inscrit dans la loi de finances pour 2018, une subvention «d’équilibre exceptionnelle», la CNR bénéficie déjà, au titre du même texte de loi, d’une contribution de solidarité à hauteur de 1%, prélevée sur les opérations d’importations des marchandises pour la revente en l’état. Mais le problème de la Caisse des retraites n’est pas tant dans la disponibilité des ressources financières, mais plutôt dans sa capacité à équilibrer la balance entre travailleurs actifs cotisants et retraités. En début d’année, le président de la CNR, Djamal Melouka, avait alerté sur la situation financière délicate de la caisse qu’il dirige, estimant le déséquilibre entre cotisants actifs et retraités s’est aggravé avec les départs massifs en retraite anticipée – 150 000 départs – qui ont marqué 2017, au lendemain de l’annonce, par les pouvoirs publics, de changements sur la durée de travail pour prétendre à la retraite et la suppression de la retraite anticipée. En attendant de trouver la solution à ce « déséquilibre », la FNTR, elle, prie les pouvoirs publics «de continuer à subventionner la CNR jusqu’au rétablissement de ses finances, en prenant des mesures adéquates susceptibles de renflouer la trésorerie de cette caisse ». La FNTR, qui s’exprime au lendemain de la réunion de la Commission exécutive fédérale, n’en réclame pas moins que de continuer à attribuer un taux de revalorisation équivalent aux taux d’inflation déclarés par l’Office national des statistiques, rappelant la nécessité d’améliorer le pouvoir d’achat pour les petites pensions en rétablissant le montant de la pension minimum à 100% du SNMG et une actualisation des pensions attribuées avant 2008. Elle a appelé également à la révision du seuil d’exonération et la réduction de l’IRG des pensions dont le montant est inférieur à 40 000 DA et procéder à des réductions d’impôt aux pensions supérieures à 40 000 DA et inférieures à 100 000  DA. Elle propose même de confectionner un barème d’IRG propre aux seuls retraités. Il n’en demeure pas moins qu’une nouvelle fois, ce dont souffre la CNR, c’est bel et bien la « base cotisante », dans la mesure où sur 12 millions d’assurés sociaux, seuls 6 millions travaillent et cotisent, le reste des assurés sociaux étant composé des étudiants, des retraités et des ayants droit. Ces indications ont été fournies par le directeur général de la sécurité sociale au ministère de Travail, Djaouad Bourkaïb, qui regrettait qu’« en Algérie, les taux d’activité et d’emploi sont faibles ; alors il faudrait augmenter l’offre du travail par la création de nouveaux dispositifs, de nouveaux statuts plus adaptés à la réalité de notre économie » et donc élargir la base des cotisants. Il admettait également que « la branche retraite connaît des difficultés financières pour des raisons universelles d’ordre démographique et de contexte économique ».