Gérants de cafés, restaurants, salons de thé, écoles de formation privées et salles de sport, agences de voyage sont dans le même cas, désespérés. Depuis près de six mois, ils sont fermés et ils n’ont qu’une hâte, reprendre leurs activités. Les 30 000 DA que ces commerces perçoivent, selon l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), sont loin de suffire. «Ils ne peuvent pas tendre la main indéfiniment ! Que peuvent-ils faire avec ces 30 000 DA ? Subvenir à leurs besoins, à ceux de leurs employés ou bien couvrir les frais de la location et des autres factures ? C’est une équation difficile à résoudre tant que ces commerces restent à l’arrêt. La reprise de leurs activités est la seule solution pour eux et pour soulager le Trésor public», estime le secrétaire général de l’UGCAA, Hezab Benchahra, relevant que les petits cafés perdent, au minimum, 150 000 DA/mois depuis six mois. Pour cette raison, il a appelé les pouvoirs publics à la réouverture en urgence de ces commerces, sous conditions. «Les cafés, par exemple, peuvent vendre des boissons chaudes à emporter au lieu de les consommer sur place et occuper les espaces. Certains cafés le font déjà en catimini. Nous ne pouvons même pas les blâmer. C’est cela ou la faillite», déplore-t-il. L’Association nationale des commerçants et artisans algériens (ANCA) a également sollicité les pouvoirs publics pour la réouverture de ces commerces, à la demande de ces derniers. Elle a envoyé récemment une demande écrite au Premier ministère dans ce but et dans laquelle elle décrit la situation financière difficile de ces commerces depuis six mois. «Ces commerces, de plus, seront contrôlés plus facilement que les plages ou les mosquées. Il suffit de définir les conditions de la reprise et ils seront prêts à s’y plier. Le plus important pour eux est de reprendre leurs activités», confie le président de l’ANCA, Hadj-Tahar Boulenouar. Les cafés surtout, indique-t-il, sont dans une situation de détresse et commencent à vendre leurs matériels pour subvenir à leurs besoins quotidiens. «C’est dire que ces derniers ne se soucient plus de leurs loyers ou des autres charges, mais juste de leur pain quotidien. Pour ces derniers, la reprise sera difficile. Comment pourront-ils travailler sans matériel ?», se demande-t-il. La reprise sera difficile aussi, poursuit-il, pour les commerces dont le coût de location varie entre 80 000 et 120 000 DA/mois. «Rien qu’en matière de location, le déficit financier se situe entre 480 000 DA et 720 000 DA ! Sans oublier les autres charges et les salaires des employés ! La reprise des activités de ces commerces est donc plus que nécessaire !», affirme-t-il. Les commerces qui sont à l’arrêt, relève-t-il, sont disposés à n’exploiter que la moitié de leurs capacités pour peu qu’on leur permette de reprendre leurs activités. «Ils sont prêts à fournir toutes les garanties possibles pour la préservation de la santé publique. Pour notre part, si des commerces ne respectent pas les conditions de reprise ou les mesures de prévention, l’ANCA ne les défendra pas s’ils sont sanctionnés», conclut-il. L’ANCA avait déjà fait part que plus de 50.000 cafétérias et restaurants sont fermés depuis plusieurs mois et attendent l’autorisation de reprise de leurs activités afin de rattraper les pertes subies depuis le début de la pandémie et ses conséquences sur la vie socioéconomique dans notre pays. L’association estime qu’avec le respect des règles sanitaires, la reprise progressive est tout à fait envisageable.<