La rentrée sociale de cette année coïncide avec le lancement de ce que le ministre de la Santé a présenté comme la plus importante campagne nationale de vaccination. L’opération a débuté samedi dernier et le rendez-vous a déjà été pris, samedi prochain, pour ce que tout le monde a dû lire sur les nombreuses affiches placardées dans les rues, le «Big Day».
Le gouvernement, par cette campagne, espère ainsi rattraper son retard et compte réaliser un défi, celui de vacciner 70% des Algériens contre la Covid-19. Une immunité collective tellement entonnée dans les discours officiels depuis le début de la propagation de la pandémie, mais dont la concrétisation est loin d’être acquise. Sera-t-il possible d’arriver à ce chiffre en quatre mois ? Pour le moment, le nombre de vaccinés en Algérie, selon le ministère de la Santé, est de 8 millions. Parmi ces derniers, trois millions ont eu les deux doses. Un bilan bien maigre pour une campagne lancée en janvier dernier. D’ailleurs, une partie des 5 millions ayant eu une seule dose ne savent, à ce jour, pas comment faire pour avoir la seconde. Il s’agit surtout de ceux qui ont opté pour le Sputnik V. La pénurie semble toucher le vaccin russe, puisque de nombreux citoyens se sont déplacés, le jour de leur rendez-vous, pour l’injection de la seconde dose et en sont revenus bredouilles. La réponse est à chaque fois «on attend de nouveaux arrivages».
Il y a, également, un autre aspect important en relation avec cette campagne. Celui de l’obligation faite, dans certaines administrations et entreprises, aux employés (et aux clients) de se faire vacciner. Une décision qui suscite beaucoup de remous et qui est loin d’obtenir l’adhésion de tous, pas même de la majorité. D’ailleurs, le véritable test est dans quelques jours, à l’occasion de la rentrée scolaire, prévue pour le 21 septembre.
A moins de deux semaines, l’opération de vaccination qui devrait toucher les employés de l’administration et les enseignants est bien «timide». Trop de délais, peu de statistiques détaillées et beaucoup d’incertitudes.