Par Hamid Bellagha
L’énergie solaire est en passe de prendre la place qui lui sied dans la politique énergétique algérienne. C’est du moins ce que l’on décode à travers l’appel d’offres lancé par le ministère de la Transition énergétique et des Energies renouvelables. «Solar 1000 MW» sera peut-être le chemin direct, enfin, vers les énergies renouvelables, une Arlésienne qui s’est installée dans le décor énergétique que la Sonelgaz et Sonatrach ont couvé stérilement depuis leur création, sachant quand même que l’objectif des énergies propres, à l’horizon 2030, est de 22000 MW. C’est encore loin…
On se souvient que pour faire écolo et rester dans l’air du temps, Sonelgaz avait créé une filiale dédiée aux énergies renouvelables, SKTM, chapeautée par l’actuel boss de Télemly. Une filiale inutile, comme tant d’autres produites par Sonelgaz, tant la tendance était et est restée aux énergies fossiles. Il y a eu aussi le fameux Desertec, qui promettait une énergie solaire propre que l’on aurait pu exporter même. Hélas, puis encore hélas, le projet qui devait prendre forme avec des entreprises allemandes à fait un flop retentissant, comme tant d’autres.
Des retards puis, des oublis de projets, comme on n’en fait que sous nos latitudes. Il faut savoir que «Solar 1000 MW» devait être lancé fin 2020 et que, pour des considérations que l’on ignore, il affiche déjà deux ans de retard. Il faut mentionner aussi que ce projet est ouvert à tous les investisseurs désirant s’impliquer dans les énergies renouvelables, qu’ils soient nationaux ou étrangers.
Exit donc le monopole sur la production, le transport et la distribution de l’énergie de Sonelgaz, un monopole qui n’a jamais dit son nom puisque, officiellement, mais jamais dans les faits, toute personne morale ou physique pouvait s’impliquer pour concurrencer l’ex-EGA.
Avec la production de 1000 MW, l’autre entreprise de l’énergie, Sonatrach, pourra souffler un tant soit peu, étant donné qu’une partie, infime faut-il le préciser, de la couverture électrique nationale pourra être couverte par les énergies renouvelables. On aurait eu le choix cornélien dans une vingtaine d’années de choisir entre consommer notre gaz naturel ou l’exporter, les forages s’épuisant au fil du temps.
Que de notes positives donc pour ce projet qui, en se développant, pourrait devenir titanesque, mais force est de temporiser car les douches froides sont un élément aussi commun dans les projets made in Algeria que les incompétences des personnels dédiés qui les caractérisent.
Il faut subséquemment savoir raison garder, car bon nombre de fois, on a caché le «Solar» avec un tamis, pour se retrouver ensuite à dénombrer le nombre d’échecs qui dépeignent le secteur de l’énergie.