Aujourd’hui, c’est la fin. Le programme des coupures d’Internet, en Algérie arrive, ce jeudi, à son terme. Pour être précis, cela sera aux environs de 18h30, que le «flux» devrait reprendre du service, tel qu’il était avant dimanche dernier. Le lecteur, s’il est Algérien, donc la première victime de ce programme, aura compris de lui-même que c’est en relation avec les examens du baccalauréat. Une épreuve qui, depuis 2015, ne concerne plus uniquement les candidats et leurs familles, mais tous ceux qui se trouvent sur le territoire du plus grand pays d’Afrique.
Ainsi, cette année encore, le bac a été lié aux coupures d’internet. Une habitude qui semble devenir une «culture» pour les responsables de ce pays qui ne cesse pas d’étonner. Une sixième année consécutive pour essayer d’empêcher la triche lors des examens, et plomber encore plus le moral des citoyens. La «spécificité» de l’épreuve 2021 réside essentiellement dans la manière avec laquelle cette opération a été conduite. Au-delà de la promesse présidentielle de ne pas opter pour cette «solution», et du projet gouvernemental de créer une «cellule de vigilance technique» pour ne pas toucher à Internet, c’est avant tout un rendez-vous raté, et sur quasiment tous les plans.
Cette faculté (sic) de choisir à chaque fois la solution la plus facile pour régler un problème devient de plus en plus insupportable. Même les plus optimistes pour l’avenir du pays ne peuvent que déchanter.
En plus de l’«acte» en lui-même, il y a également le mépris (n’est-ce pas le mot adéquat pour exprimer le fait qu’on ne tienne pas compte de quelqu’un !) affiché et déclaré. Pas d’avertissement en amont, et une réaction bien tardive en aval. Dimanche est passé, lundi est passé, et ce n’est que mardi qu’Algérie Télécom s’est rappelée que des millions d’abonnés existaient réellement, et qu’ils avaient droit à une explication. Trop tard, trop fade, trop tout simplement.
Le constat est tellement amer, quand Algérie-Télécom se spécialise dans les blocages annuels, alors qu’à nos frontières Est l’heure est à l’exploration de l’espace. C’est qu’il y a deux jours, une fusée Soyouz a lancé Challenge-1, satellite créé par le groupe de télécommunication tunisien Telnet. Vraiment, ça ne tourne pas rond chez nous.