Attendu depuis plusieurs jours, le nouveau gouvernement est désormais connu. La liste a été ainsi annoncée hier par le porte-parole de la présidence de la République. Les analystes n’ont pas tardé à monter au créneau pour donner une description à l’équipe (numéro 1 ?) du Premier ministre Aïmene Benabderrahmane. Pour eux, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un remaniement ministériel, avec cette fois un changement à la tête.
La plus grande surprise qu’a apportée ce nouveau gouvernement reste sans aucun doute le mouvement ayant touché le département des Affaires étrangères. Le départ de Sabri Boukadoum, pourtant considéré quasiment comme le meilleur ministre de l’ancien exécutif, reste, pour le moment, incompréhensible. L’intouchable qu’il a été sort ainsi, d’une manière surprenante. Est-ce une décision personnelle après avoir été en poste durant plusieurs années ? Et quand le nom de son successeur a été mentionné, la stupeur était encore plus grande. C’est le retour en force de Ramtane Lamamra, qui reprend le poste qu’il avait déjà occupé durant plusieurs années du temps de Bouteflika. Le diplomate à la carrière bien remplie, sur le plan national et international, se remet ainsi en selle. Tout le monde avait cru que l’imbroglio qu’il a vécu au début du Hirak (après avoir été furtivement Vice Premier-ministre avant de disparaitre carrément de la scène locale) l’avait définitivement écarté d’une possible carrière intra-muros. Finalement, Ramtane Lamamra a encore un avenir DZ et pas des plus anodins…
La composante du nouvel Exécutif a aussi entériné le départ de plusieurs autres ministres qui tenaient la tête d’affiche de par les secteurs dont ils étaient en charge. La disparition du nom de Belkacem Zeghmati de la liste du gouvernement n’est peut-être pas une surprise pour de nombreux observateurs, mais elle signe la fin d’une époque. Celle d’une justice lancée à la trousse des anciens apparatchiks de l’ère bouteflikienne, et aussi contre de centaines de manifestants à travers le pays. Belkacem Zeghmati n’aura laissé personne indifférent.
Parmi les autres ministres sortants, il y a les deux enseignants de l’Ecole Polytechnique d’Alger, en l’occurrence Chems Eddine Chitour et Mohamed Ouadjaout. Le duo avait intégré le gouvernement en même temps (début 2020) et le quitte ainsi ensemble. Ouadjaout aura essayé de ne pas faire de vagues dans le secteur de l’éducation (ce qu’il a plus au moins réussi), alors que Chittour aura « navigué» entre deux départements, celui de l’enseignement supérieur et de la transition énergétique et des énergies renouvelables.
Il doit sans doute avoir des regrets de ne pas avoir eu assez de temps pour concrétiser ses nombreux objectifs, mais l’histoire retiendra que son passage a été loin d’être négatif. Le Professeur a laissé des traces, et l’avenir va (il faut l’espérer) lui donner raison.