Le président burkinabè de transition, le capitaine Ibrahim Traoré, auteur d’un putsch fin septembre, a affirmé samedi que «le combat pour l’indépendance totale a commencé» au Burkina Faso en proie aux violences jihadistes depuis 2015. Il s’exprimait à la télévision publique dans un discours à la nation à l’occasion du 62e anniversaire de l’accession à l’indépendance du Burkina Faso, ex-colonie française. «L’heure n’est pas à la fête, notre indépendance n’est pas acquise, parce que nos terres sont occupées, notre économie est balbutiante et nos mains sont liées», a-t-il déclaré, invitant à la sobriété. Estimant que «le destin du pays changeait le 30 septembre», date du coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir, il a affirmé que «le combat pour l’indépendance totale a commencé» ce jour-là. «Ce combat passe nécessairement par les armes, mais aussi par nos valeurs, nos comportements et le redressement de notre économie». Il a demandé «plus de sacrifices» à ses compatriotes afin «que cette lutte soit menée par les Burkinabè pour libérer les terres du Burkina Faso», les appelant à «rester confiants, soudés, mobilisés derrière les forces de défense et de sécurité», ainsi que «nos vaillants VDP», les Volontaires pour la défense de la patrie, des supplétifs civils de l’armée. Selon le capitaine Ibrahim Traoré, «l’espoir est permis, parce que nous ne lâcherons pas, nous irons jusqu’au bout de ce combat pour l’indépendance totale de notre patrie». «Notre lutte ne s’arrêtera que lorsque tous les enfants du Burkina Faso mangeront à leur faim et dormiront tranquillement dans leur pays», a-t-il affirmé. Depuis 2015, le Burkina Faso est régulièrement endeuillé par des attaques jihadistes qui ont fait des milliers de morts et contraint quelque deux millions de personnes à fuir leurs foyers.
Ces attaques de groupes liés à l’Etat islamique et à Al-Qaïda visant militaires et civils se sont multipliées ces derniers mois, essentiellement dans le nord et l’est du pays. Le capitaine Ibrahim Traoré, président de transition issu d’un coup d’Etat militaire le 30 septembre – le deuxième en huit mois – s’est donné pour objectif «la reconquête du territoire occupé par ces hordes de terroristes» qui en occupent 40%. A l’issue d’une campagne de recrutement, 90.000 civils se sont inscrits pour rejoindre les VDP, appelés à seconder l’armée dans sa lutte contre les jihadistes. n