Depuis lundi soir, le Burkina Faso a un nouveau gouvernement, une équipe exécutive au sein de laquelle plusieurs ministres ont gardé leur poste, sous la houlette de Lassina Zerbo. Le Premier ministre, qui a été nommé vendredi 10 décembre, a appelé à la «cohésion» pour lutter contre la violence jihadiste qui frappe le pays.

Par Salim Benour
Pour rappel, le président Roch Marc Christian Kaboré a nommé un gouvernement de 26 ministres, contre 34 dans le précédent qui avait été limogé mercredi 8 décembre, accusé d’être incapable d’enrayer les attaques terroristes. Plusieurs titulaires sont toutefois reconduits, y compris dans des ministères clés comme Barthélémy Simporé à la Défense, Maxime Koné à la Sécurité, Lassané Kaboré à l’Economie, a annoncé le secrétaire général du gouvernement Wenceslas Sanou. L’ex-chef de file de l’opposition Zephirin Diabré, est également maintenu au ministère de la Réconciliation nationale et de la cohésion sociale, tout comme Benewende Sankara à l’Habitat. Finalement, seuls dix nouveaux ministres font leur entrée dans ce gouvernement, pour 19 départs, certains portefeuilles ayant été fusionnés. Entré officiellement en fonction lundi soir, M. Zerbo a appelé à la «cohésion et la tolérance» pour lutter contre la violence jihadiste qui frappe le pays. «C’est à l’unisson que l’on pourra être mieux engagé pour vaincre le terrorisme», a-t-il déclaré, lors de la passation de pouvoir avec son prédécesseur Christophe Joseph Dabiré. «Je ne ménagerai aucun effort pour continuer l’oeuvre entamée et d’être à l’écoute du peuple. On essayera de contacter toutes les composantes avec l’appui du chef de l’Etat pour qu’on puisse nous comprendre et gagner la confiance du peuple», a ajouté Lassina Zerbo dans une brève allocution. Nommé Premier ministre vendredi, M. Zerbo, 58 ans, était ancien secrétaire exécutif de l’organisme onusien de surveillance de l’interdiction des essais nucléaires (OTICE) de 2013 à août dernier. Comme ses voisins malien et nigérien, le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des groupes armés jihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique qui ont fait au moins 2.000 morts et 1,4 million de déplacés. Les attaques qui visent civils et militaires sont de plus en plus fréquentes et en grande majorité concentrées dans le nord et l’est du pays. Vendredi soir, avant l’annonce de la nomination de M. Zerbo, le président Roch Marc Christian Kaboré avait également appelé au «rassemblement» pour vaincre le «terrorisme». (Source AFP)