La Solidarité, l’Habitat et l’Enseignement supérieur bénéficient également de conséquentes dotations pour leur fonctionnement.

Comme dans les précédentes lois de finances, la part du lion dans le budget de fonctionnement prévu par l’avant-projet de loi de finances 2021 revient au ministère de la Défense avec une dotation de 1 230 milliards de dinars. Les pouvoirs publics justifient ces dépenses importantes par les charges liées à la sécurisation des frontières et aux frais de personnel importants pour garantir la sécurité du pays. L’Education nationale avec son personnel important et ses recrutements d’enseignants dispose également d’une importante dotation de 771 milliards de dinars.
La troisième enveloppe la plus importante revient à l’Intérieur avec 555 milliards de dinars liés aux frais et salaires de la Police, de la Protection civile et des Collectivités locales. L’enveloppe allouée à la santé est également conséquente avec 441 milliards de dinars. C’est que la crise sanitaire a favorisé la prise de conscience des pouvoirs publics sur la nécessité de renforcer en moyens matériels et humains ce secteur et de rendre l’accès aux soins moins problématique. En cinquième position, l’enseignement supérieur avec 370 milliards de dinars. Plus de 1 000 milliards de dinars sont ainsi affectés à l’enseignement dans ses différents paliers. La Solidarité n’est pas en reste avec une dotation de 132 milliards de dinars qui inclut notamment les aides sociales aux handicapés et aux personnes démunies. Les dépenses de fonctionnement sont estimées dans l’avant-projet à 5 314 milliards de dinars. Les dépenses d’équipement se situent à 2 798 milliards de dinars (crédits de paiement). Les autorisations de programme qui ne sont pas budgétisées – pas de crédits de paiement, c’est-à-dire pas d’argent pour les financer, mais qui sont programmés pour être réalisés dès que les crédits de paiement sont ouverts pour ces projets – s’élèvent à 1 882 milliards de dinars. Les investissements publics parmi les plus importants sont orientés vers l’accès à l’habitat, une enveloppe de 419 milliards de dinars, la réalisation d’infrastructures en matière d’éducation, 403 milliards de dinars, les infrastructures de base et hydraulique, 465 milliards de dinars. Les plans communaux de développement se voient doter d’une enveloppe de 100 milliards de dinars. La rubrique Divers bénéficie d’une enveloppe de 1 000 milliards de dinars, les infrastructures socio-culturelles, 40 milliards de dinars. Les opérations de capital et les bonifications de taux d’intérêt sont estimées à 395 milliards de dinars.
Il ressort de toutes ces dépenses d’investissements publics que la politique de modernisation des infrastructures ainsi que de construction de logements sociaux et d’infrastructures éducatives et de santé est poursuivie en dépit d’un contexte de crise. Ce qui explique en partie le déficit budgétaire important, les recettes se situant à 5 328 milliards, tandis que les dépenses de fonctionnement et d’équipement s’élèvent à 8 113 milliards de dinars, soit un trou de 2 795 milliards de dinars.
Dépenses publiques en hausse en 2022-2023
L’avant-projet de loi de finances 2021 revient à la programmation budgétaire pluriannuelle abandonnée dans la loi de finances 2020 et la loi de finances complémentaire qui donne de la visibilité à moyen terme à la communauté d’affaires et aux investisseurs. Pour les années 2022-2023, les dépenses de fonctionnement sont estimées à respectivement 5 358 milliards et 5 505 milliards de dinars, soit approximativement le même niveau qu’en 2021 avec une légère croissance de ces dépenses. Cependant, en 2023, les dépenses d’équipement connaîtront une forte augmentation avec 3 246 milliards de dinars en 2022 et 3 174 milliards de dinars en 2023. Les dépenses budgétaires globales dépassent ainsi la barre des 8 000 milliards de dinars, soit supérieures aux 7 000 milliards de dinars dont le maintien était un objectif de rationalisation des dépenses des politiques budgétaires antérieures. L’avant-projet ne fournit pas les projections en matière de recettes fiscales globales en 2022-2023, ce qui ne nous donne pas une idée du déficit budgétaire ou de stabilisation du solde dépenses/recettes au cours des prochaines années. Il faudra sans doute mobiliser des recettes fiscales plus importantes pour espérer réduire le déficit. <