La voiture coûte de plus en plus cher suite à l’introduction de plusieurs taxes et hausses des prix de carburants depuis 2015. Celles figurant dans le projet de Loi de finances complémentaire 2020 sont les dernières en date, mettant le budget des petites et moyennes bourses à rude épreuve. Pour les ménages, la voiture va représenter ainsi un budget de plus en plus lourd, contraignant certains, soit à s’en débarrasser soit à limiter leurs déplacements.

Comparés à la tarification de 2015, les prix des carburants ont connu une augmentation de 100% en moins de cinq ans. Le prix de l’essence normal est, en effet, passé de 21,20 DA le litre, en 2015, à 41,32 DA/l cette année, en application des mesures contenues dans le Projet de loi de finances complémentaire, alors que l’essence super est passée de 23 DA/l (2015) à 44,35 DA/l. L’essence sans plomb coûtera quant à lui 44 DA le litre, contre 22,60 DA/l en 2015. La hausse la plus importante touchera les prix du gasoil, dont le litre passera à 26,63 DA cette année, contre 13,70 DA/litre en 2015. Les prix des quatre carburants connaîtraient ainsi une augmentation d’environ 100% par rapport à la tarification appliquée en 2015, et ce, dès l’application des dispositions de la Loi de finances complémentaire de cette année. Ainsi, la voiture risque de devenir un vrai casse-tête budgétaire pour les ménages algériens, étant donné qu’en plus des hausses qu’ont connu les prix des carburants sur les années 2016, 2017, 2018 et 2020, celles des taxes appliquées à l’acquisition des véhicules neufs. Rien que pour les carburants, les conséquences de la nouvelle augmentation des prix à la pompe sera d’un impact quasi-évident sur les ménages, surtout lorsqu’on sait que le poste transport et communication pèse pour 16% dans le calcul de l’inflation par l’Office national des statistiques. La première conséquence de cette hausse des prix des carburants serait ainsi une augmentation du taux d’inflation par effet d’entraînement. Les taxes instituées aux consommateurs, appliquées à l’acquisition de véhicules neufs, et qui ont augmenté depuis 2015, devraient connaître de nouvelles hausses dès l’application de la Loi de finances complémentaire 2020. En effet, l’achat d’une voiture neuve est soumis désormais à une forte imposition, alors que les précédents impôts de ce genre profitaient plutôt aux concessionnaires automobiles au détriment des consommateurs. Le Projet de loi de finances complémentaire de l’actuel exercice prévoit un réajustement sur la taxe des véhicules qui se traduira par des montants exorbitants que l’acheteur final doit payer pour acquérir un véhicule. Il est ainsi prévu des taxes allant, selon la cylindrée, de 100 000 DA à 1 500 000 DA sur les véhicules neufs en motorisation essence et des taxes allant de 200 000 DA à 2 000 000 DA pour ceux en motorisations diesel. Jamais l’acquisition d’un véhicule n’a été soumise à une taxe aussi forte. Ce phénomène de surtaxation était intervenu dès 2014 dans le but de réduire la facture des importations de véhicules. Ce poste de dépense a été le plus touché par les mesures d’austérité entrée en vigueur dès 2015, dont certaines se sont transformées en un scandale politico-financier, tandis que d’autres n’ont été d’aucun effet sur le budget de l’Etat, si ce n’est de mettre celui des ménages à rude épreuve. Les petites et moyennes bourses qui semblent n’avoir plus le choix face à ces nouvelles hausses des carburants et des taxes, devraient rogner sur ce poste de dépenses, voire plusieurs autres, touchés également par cette tendance vers les sur-taxations. Car, aux augmentations des prix des carburants et des taxes viendront s’ajouter par la suite les coûts de l’entretien et de l’assurance qui, à leur tour, ont connu une augmentation à la faveur de l’application des mesures de la loi budgétaire de l’actuel exercice.<