C’est la fin de la période des vaches maigres pour des centaines d’entreprises nationales activant dans le secteur du bâtiment. En effet, elles souffraient ces deux dernières années d’une baisse drastique de commandes publiques, en sus de l’arrêt de leurs activités depuis l’apparition de la pandémie de la Covid-19. Mais, à la faveur des 31 721 appels d’offres lancés en leur direction pour la réalisation de 50.000 unités de logements AADL en petits lots de 50, 100, 150 et 200 unités, ces dernières vont reprendre du service. C’est le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Kamel Nasri, qui l’a annoncé, lors d’une réunion d’évaluation du programme de l’Agence nationale de l’amélioration et du développement du logement (AADL), par visioconférence avec les cadres du ministère, les directeurs régionaux du logement et d’urbanisme et les directeurs régionaux de l’Agence. A travers cette décision, il y a tout lieu de croire que le spectre du dépôt de bilan qui planait sur les entreprises du secteur va s’éloigner, d’autant que les projets de réalisation sont destinés aux entreprises nationales « impactées ».
Faut-il rappeler à ce titre qu’elles sont des centaines à avoir mis la clé sous la porte en 2019. Près de trente mille exactement, selon l’Association générale des entrepreneurs algériens (Agea). Quant aux autres qui se sont maintenues en activité, tout en faisant face à d’énormes difficultés financières faute de créances impayées par le donneur d’ordres, à savoir le ministère de l’Habitat, elles se sont vues contraintes de mettre à l’arrêt leur chantier en raison des mesures de confinement dues à la pandémie du coronavirus. Sur ce point, il y a lieu de rappeler que le président de l’Agea, Mouloud Khelouf, avait indiqué au début du confinement qu’entre 20 000 et 25 000 sociétés du secteur du bâtiment, des travaux publics et de l’hydraulique (BTPH) sont à l’arrêt technique. « Par voie de conséquence, ce sont 150 000 à 200 000 travailleurs qui se sont retrouvés au chômage », avait-il révélé à l’époque. Face à cette situation des plus inquiétantes, ce dernier avait estimé que «l’Etat doit faire un effort vis-à-vis des entreprises de réalisation ». Ajoutant que la crise du secteur du BTPH a impacté, également, l’industrie des matériaux de construction. Toujours dans ce même contexte, l’Agea et d’autres organisations patronales impactées également par la crise sanitaire avaient demandé la mise en place d’un moratoire fiscal et parafiscal pour les entreprises en difficulté. Tout comme elles avaient appelé les banques à proposer le plus largement possible un rééchelonnement de la dette sur des périodes en rapport avec la situation de crise dans laquelle se trouvent les entreprises depuis les mesures de confinement.
Le ministre de l’Habitat, Kamel Nasri, a affirmé que le lancement des travaux de plus de 50 000 unités AADL en 2020 sera « la solution idéale » pour les entreprises nationales qui pâtissent de difficultés financières induites par l’arrêt de leurs activités. « Ces projets contribueront à sauver plusieurs entreprises de construction de la cessation d’activité. Nous aurons ainsi contribué avec d’autres acteurs à sauver ce secteur sensible qui emploie une main d’œuvre considérable. »