PAR MILINA KOUACI
La réunion de la Confédération des syndicats algériens (CSA), qui s’est déroulée jeudi dernier à Alger, n’a pas été concluante dans la mesure où les membres de ce collectif ne se sont pas entendus quant à la démarche à suivre en matière de contestation.
C’est la raison pour laquelle ces derniers vont devoir se concerter la semaine prochaine afin de décider des actions à entreprendre pour concrétiser leurs revendications, notamment celle liée à la préservation du pouvoir d’achat de ménages.
Ces syndicats ont convenu lors d’une réunion précédente d’initier des actions de grève dans les différents secteurs de la Fonction publique, afin d’améliorer la situation sociale des travailleurs.
«Cette question épineuse du pouvoir d’achat ainsi que la politique des gouvernements n’ayant pas agi de manière à améliorer la situation sociale des travailleurs suscitent le mécontentement des syndicats qui doivent trancher cette semaine la question des débrayages», dit Zoubir Rouina, secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA).
«L’amélioration du pouvoir d’achat ne tolère aucune tergiversation», ajoute notre interlocuteur.
Dans le contexte actuel, le recours à la grève, selon le porte-parole de l’Unpef Abdelouahab Lamri Zegar, devient inéluctable. «Les bases militantes sont en colère. Elles demandent de passer à l’action pour faire valoir leur revendication», ajoute M. Zegar, qui rappelle que les syndicats autonomes ont accordé suffisamment de temps au gouvernement pour qu’il trouve une alternative à l’équilibre du pouvoir d’achat.
La CSA compte, en effet, peser de tout son poids pour amener les pouvoirs publics à apporter de vraies solutions à la question centrale du pouvoir d’achat des travailleurs. La CSA, qui n’a cessé de mettre en garde le gouvernement de la situation qui prévaut, exige d’améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs par une revalorisation salariale, la révision du système d’indemnisation, le rétablissement du droit à la retraite sans condition d’âge ainsi que la création d’un observatoire national du pouvoir d’achat.
Le Cnapeste maintient la grève
Les syndicats constituants la CSA avaient décidé de mener des actions communes afin de faire valoir leur plateforme de revendications. Mais le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste) a décidé dernièrement, à l’issue de son conseil national, d’observer une grève cyclique de deux jours à partir de ce mardi.
Bien que reçu dimanche dernier au siège du ministère à la suite du préavis de grève déposé, le syndicat maintient sa grève et tiendra une session extraordinaire vendredi et samedi prochain.
Après avoir reçu le procès-verbal de la rencontre bilatérale, le Cnapeste a décidé d’organiser des assemblées générales ce mardi 2 novembre et des conseils de wilaya le lendemain mercredi. Ensuite, le syndicat tient une session extraordinaire les 5 et 6 novembre.
Les réponses de la tutelle seront soumises lors de ces réunions pour que les syndicalistes donnent leur appréciation et délibèrent sur la question par la suite. Outre de maintenir son action prévue cette semaine, le Cnapeste compte adhérer à toutes les actions que va prévoir la CSA.
De son côté, le ministère de l’Education nationale qui s’est engagé à plaider auprès du gouvernement en faveur des revendications des syndicats de son secteur, en particulier l’amélioration du pouvoir d’achat, et le rétablissement de la retraite anticipée, continue de recevoir son partenaire social pour des séances de travail sur le statut particulier.
La commission technique chargée de la révision du statut particulier du personnel de l’Education terminera son travail dans quatre mois. Cette commission soumet ce projet au partenaire social pour le débattre avant de le soumettre à la commission ad hoc du gouvernement pour approbation.
Mais l’urgence, selon les syndicats de l’Education, est de protéger le pouvoir d’achat en érosion. Le CLA est convié pour une rencontre de travail le 8 novembre. Le syndicat compte soulever au cours de cette réunion ses revendications socioprofessionnelles et demander de les concrétiser dans les meilleurs délais. «L’urgence est d’améliorer le pouvoir d’achat», dit M. Rouina. Pour lui, Abdelhakim Belabed doit plaider auprès du gouvernement pour la prise en charge des revendications qui ne relèvent pas de ses prérogatives», poursuit le responsable du CLA. n