Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a reçu, hier, dans ses murs une vingtaine de syndicats autonomes.

Pour ceux qui ne connaissent pas le contexte algérien ou qui n’ont pas prêté attention à la relation tendue que les deux parties n’ont cessé d’avoir depuis des années – et qui s’est exacerbée à la faveur du débat sur la réforme des retraites – ce tour de table paraît banal.
En effet, quoi de plus ordinaire qu’un ministre du gouvernement, de surcroît chargé de dossiers aussi sensibles que la législation du travail et des acquis sociaux, se réunisse avec des syndicats dont la vocation est de défendre les droits des salariés !
En vérité, ce qui s’est passé relève du fait politique inédit ! Avant la réunion d’hier, les syndicats autonomes et corporatistes n’ont pas cessé, parfois à juste titre, d’accuser l’Exécutif d’être un « tueur » des libertés syndicales. Le gouvernement, lui-même, n’a pas arrêté lui aussi, de considérer l’action de ces organisations syndicales comme procédant au mieux de la recherche d’une plus grande base, au pire comme de l’agitation sans rapport avec les données économiques réelles du pays.
La déduction qu’il s’agit de faire, donc, est quelque chose de nouveau s’est amorcé, hier, entre le gouvernement Sellal et les partenaires sociaux. Cette nouveauté confirme deux éléments importants : le premier est qu’il n’y pas d’impossibilité à ouvrir des canaux de discussion et de concertation avec des organisations ou des syndicats qui ne partagent pas la même vision de la gestion des affaires du pays. Au contraire ! Le second est que le gouvernement dont le Premier ministre en personne a déclaré il y a quelques semaines, au lendemain des journées agitées des 2 et 3 janvier derniers, que les leçons ont été apprises pour éviter tout foyer de tension inutile.
Certes, il y eut hier, de la part des syndicats autonomes, des réactions et des expressions de scepticisme et de prudence. Il n’empêche que la glace a été brisée. Il faut que cela dure.