La série de l’automne, celle entourant le vaccin anti-Covid, reste, et le restera pour longtemps encore, d’actualité. La dernière sortie concerne l’aspect extérieur. La déclaration, hier, de l’ambassadeur russe à Alger, Igor Beliaev, est venue démontrer que le marché mondial du vaccin sera sans pitié. Le pays de Vladimir Poutine est ainsi le seul producteur à être monté au créneau pour afficher ses ambitions de gagner le marché sanitaire algérien. En précisant que son pays a proposé à l’Algérie plusieurs formules pour l’acquisition du fameux Sputnik 5 (dont l’efficacité annoncée dépasse les 95%), Igor Beliav détaille la démarche de la Russie. Elle est d’autant ambitieuse que parmi les formules proposées il y a celle de la production du vaccin au niveau local. Une solution dont le plus grand gain (si elle est retenue) concerne le temps d’attente de réception du fameux « sésame ». Une production locale, c’est également ne pas être en mode « attente » que la Russie puisse vacciner son « marché » local, pour réceptionner enfin son « quota ». Avec l’ambiance actuelle de par le monde, la pression sociale reste un très important facteur, et la notion de patience est, actuellement, mise à rude épreuve. Cette proposition est également propice à soutenir (logiquement) une cadence de production qui dépendra de paramètres essentiellement locaux.
Néanmoins, jusqu’à maintenant, l’Algérie n’a toujours pas décidé officiellement de répondre à l’offre russe. C’est qu’il y a également d’autres propositions sur le marché mondial. Celles de la Chine ont toujours leurs chances d’être acceptées.
Il est ainsi plus que probable qu’Alger opte pour les deux pays des BRICS (groupe de pays formé par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud). En ces temps troubles, toute action de grande envergure (qu’elle soit étatique ou non) a un impact sur la géopolitique mondiale.
Les deux membres des BRICS ont d’autant plus de chances de gagner le marché des vaccins en Algérie, qu’en face les choses deviennent de plus en plus compliquées. Le dernier scandale (d’ailleurs très peu médiatisé) autour du Remdésivir ayant secoué le Vieux Continent en est la meilleure illustration. La molécule de Gilead, qui était présentée depuis le début de la pandémie comme remède miracle, s’est avéré une grande supercherie. 37 pays européens (ont commandé 640 000 doses auprès du laboratoire américain) ont ainsi été tout simplement arnaqués. A méditer !