Ce premier pas a été accompli quelques semaines après le vœu exprimé par le chef de l’État de rejoindre le club des pays émergents comme le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud et la Russie sans compter la puissance chinoise. La demande du ticket d’entrée par Alger au sein de ce groupe, qui serait aussi une forme nouvelle du non-alignement, a été annoncée hier par la Chargée des grands partenariats au MAE, Leila Zerrouki.

Par Hakim Ould Mohamed
L’Algérie fait le premier pas pour son adhésion aux BRICS. Et c’est l’Envoyée spéciale en charge des grands partenariats au ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger qui l’a annoncé. Leila Zerrouki, puisque c’est d’elle dont il s’agit, a annoncé, hier, la demande officielle de l’Algérie pour rejoindre l’organisation des BRICS. Invitée dans les studios de la chaine I de la radio algérienne, Leila Zerrouki, a ainsi levé le voile pour la première fois sur une demande officielle émise par l’Algérie à l’adresse des BRICS pour y adhérer. C’est un bloc politique et économique qui comprend la Russie, la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud, faut-il le rappeler. Cette demande fait suite aux propos du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune qui, voici quelques semaines, a laissé entendre que l’Algérie pourrait adhérer bientôt aux BRICS. Le chef de l’Etat, qui s’est exprimé lors de sa rencontre périodique avec les représentants des médias nationaux, a assuré que l’Algérie satisfaisait, en grande partie, aux conditions d’adhésion aux BRICS. «L’adhésion au groupe BRICS est tributaire de conditions économiques auxquelles l’Algérie satisfait en grande partie», a souligné le Président Tebboune. «Cela est envisageable, mais n’anticipons pas. Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura de bonnes nouvelles», avait indiqué le chef de l’Etat, à la même occasion, soulignant que «l’Algérie s’intéresse aux BRICS en ce qu’ils constituent une puissance économique et politique». «L’adhésion à ce groupe mettrait l’Algérie, pays pionnier du non-alignement, à l’abri des tiraillements entre les deux pôles», avait-il ajouté. Ce qui était jusqu’ici une bonne intention semble se concrétiser, puisque, l’Algérie, à en croire l’envoyée spéciale au ministère des Affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger, vient de formuler officiellement sa demande de rejoindre les BRICS. Sans l’ombre d’un doute, une telle initiative est minutieusement réfléchie par l’Algérie qui a depuis toujours voulu diversifier ses partenaires, notamment avec les pays émergents à l’instar du Brésil et de l’Afrique du Sud. Avec la Russie et la Chine, le partenariat politique et économique est vieux de plusieurs décennies, mais l’adhésion aux BRICS permettra à l’Algérie d’entretenir une coopération à la fois multilatérale et bilatérale, à savoir avec les BRICS en tant qu’organisation mais aussi avec les pays qui y siègent en ayant des partenariats directs.

Les émergents réclament un nouvel ordre économique
Les BRICS est un bloc très influent à la fois politique et économique qui, il y a de cela quelques mois, ont émis le vœu de s’ouvrir à d’autres puissances régionales satisfaisant les conditions économiques d’adhésion. En effet, en mai dernier, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin, a déclaré que «la Chine continuera à discuter avec les autres membres sur l’élargissement du groupe des BRICS pour déterminer les normes et procédures y afférentes sur la base d’un consensus. Nous attendons avec impatience que davantage de partenaires partageant les mêmes idées rejoignent la grande famille des BRICS». En 2017 déjà, le ministre des Relations extérieures de la Chine, Wang Yi, avait proposé de redéfinir les contours des BRICS en incluant d’autres grandes économies en développement, sous le nom de «BRICS-Plus». Les BRICS ambitionne de devenir une puissance politique et économique afin de peser dans les débats internationaux notamment autour de la réforme des institutions internationales, la participation des pays émergents à la prise de décisions sur des questions qui engagent le monde, la perspective d’un monde multipolaire, la coopération Sud-Sud, le dialogue et la concertation…. Des points de vue que l’Algérie partage avec les BRICS, notamment sur la question de la réforme des institutions internationales et l’impératif d’un nouvel ordre économique mondial dans lequel les puissances émergentes auront droit au chapitre. Peu avant la déclaration du chef de l’Etat, formulant le vœu que l’Algérie puisse adhérer aux BRICS, Abdelmadjid Tebboune a participé par visioconférence au sommet des BRICS, tenu en juin dernier, où il avait plaidé en faveur d’une «impérative instauration d’un nouvel ordre économique où régneront parité et équité entre pays». Le Président de la République avait alors estimé que «nos expériences passées nous ont clairement montré que le déséquilibre enregistré sur la scène internationale et la marginalisation des pays émergents au sein des différentes instances mondiales de gouvernance, constituaient une source d’instabilité, de manque d’équité et d’absence de développement». «Ces tiraillements nous font rappeler et font remonter à la surface la thèse avancée par l’Algérie, il y a près de 50 ans, sur l’impératif de veiller à l’instauration d’un nouvel ordre économique où règneront parité et équité entre pays», avait soutenu Abdelmadjid Tebboune. Peu après, le chef de l’Etat avait surpris plus d’un en indiquant que l’adhésion de l’Algérie aux BRICS était envisageable. Chose promise chose faite, l’Algérie vient de formuler officiellement sa demande de rejoindre cette Organisation. <