Par Hamid Bellagha
Plusieurs semaines après les tours de vis successifs concernant l’importation, nombreuses entreprises algériennes continuent de broyer du noir à cause des restrictions imposées par le ministère du Commerce. La dernière en date prêterait à sourire, et même à rire, si elle ne concernait directement la survie de certaines industries et du boulot de milliers de personnes.
Cette note stipule que tout importateur doit présenter à l’Algex la preuve que la matière première qu’il désire importer n’existe pas en Algérie et ne fait pas l’objet d’une production made in DZ. C’est un peu comme un suspect qui doit prouver à un juge qu’il n’est pas coupable.
Le département de Rezzig a bien fourni, dans ce sens, un lien électronique aux opérateurs, mais outre l’illisibilité et l’absence de connexion, les informations y figurant n’aideraient même pas un cul-de-jatte à trouver une canne.
Le rouge est mis dans différents secteurs économiques alors que plusieurs ministères ont déjà donné l’alerte. Ceux des Industries pharmaceutiques et de l’Agriculture se sont extirpés de ce problème aux forceps en actionnant leur droit à la préemption sur l’importation des matières premières. Mais dans d’autres espaces le flou persiste tandis que Rezzig… persiste et signe.
Des opérateurs ont organisé des protestations au pied du ministère du Commerce et promettent d’en arranger d’autres si le ministère à l’index ne révisait pas sa copie.
Frustrés, ces mêmes opérateurs ne demandent qu’à être reçus par le département de Rezzig pour expliquer la mouise dans laquelle ils se trouvent et avoir, peut-être, le mode d’emploi du fameux Algex.
Les dinandiers qui exposent à Constantine leur métier et ses problèmes tirent encore une fois la sonnette d’alarme, le cuivre, matière première de leur activité, en plus du renchérissement au niveau mondial, manque cruellement, victime des restrictions imposées par les oukases du ministre du Commerce. Un exemple à multiplier par autant d’affaires et des listes de chômeurs qui s’allonge en même temps que les pénuries qui s’installent sur moult matières premières, et par ricochet sur nombreux produits finis.
Après la colère, c’est l’inquiétude qui s’installe chez la plupart des opérateurs algériens, victimes directes ou indirectes d’un blocage nommé Algex. Et encore une fois, il appartiendra à Kamel Rezzig de démêler le bric-à-brac et l’écheveau qu’il s’est appliqué scrupuleusement à emmêler.