L’ancien président du Brésil, actuellement en prison, ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle et tenter de briguer un troisième mandat.

Le Tribunal supérieur électoral (TSE) du pays en a décidé ainsi alors que Luiz Inacio Lula da Silva était favori des sondages malgré son incarcération. « A l’issue de huit heures de débats, les magistrats ont invalidé par une majorité écrasante de 6 contre 1 la candidature de l’ancien chef d’Etat. A l’issue du vote du TSE, le Parti des Travailleurs (PT) de Lula a réagi en affirmant dans un communiqué qu’il continuerait à lutter «par tous les moyens» pour que l’ex-président Lula, icône de la gauche puisse être candidat. «Nous allons présenter tous les recours possibles devant les tribunaux pour que les droits politiques de Lula soient reconnus (…) Nous allons le défendre dans les rues, avec le peuple, parce qu’il est le candidat de l’espérance», affirme le texte.
Largement en tête des intentions de vote, l’ex-président (2003-2010) a été déclaré inéligible en vertu d’une loi qui interdit à toute personne condamnée en appel de se présenter à une élection. Ce résultat était attendu, mais le vote du juge Edson Fachin, qui était le 2e à s’exprimer, avait relancé momentanément le suspense. Il s’est appuyé sur une recommandation récente du comité des droits de l’Homme de l’ONU pour préconiser de »respecter le droit de Lula à présenter sa candidature » le temps que tous les recours soient épuisés. Un argument également évoqué par le PT dans son communiqué. Mais les espoirs de Lula ont été anéantis avec les votes suivants.
L’ex-juge du TSE Henrique Neves da Silva a expliqué que « quel que soit le jugement » rendu, « des recours sont encore possibles », notamment auprès de la Cour suprême. Les magistrats ont terminé leurs débats tard dans la nuit, avant le début samedi de la diffusion des premiers spots de campagne de la présidentiable à la télévision.

Le PT résolu à défendre son favori

Avant-hier vendredi, le PT n’a pas manqué d’inclure des nombreuses images de l’ex-président sur les spots des candidats locaux pour les postes de sénateur et de gouverneur, désignés également le 7 octobre. Des images montraient notamment des extraits du dernier discours de Lula avant qu’il ne se rende aux autorités pour purger sa peine de 12 ans et un mois de prison à Curitiba (sud). L’ancien ouvrier métallurgiste qui a marqué ses deux mandats par une politique sociale innovante et tournée vers les couches sociales vulnérables est accusé d’avoir reçu un appartement en bord de mer de la part d’une entreprise du bâtiment en échange de faveurs dans l’attribution de marchés publics. Il est également visé par cinq autres procédures, mais rejette farouchement toutes les accusations et se dit victime d’un complot politique visant à l’empêcher de briguer un troisième mandat. Une opinion que partagent beaucoup de Brésiliens. Sa défense considère que Lula ne peut être empêché de se présenter dans la mesure où des recours contre sa condamnation n’ont toujours pas été examinés par des instances judiciaires supérieures. Le dernier sondage de l’institut Datafolha crédite Lula de 39% des intentions de vote au premier tour, 20 points de plus que le deuxième, le député d’extrême droite Jair Bolsonaro. Lula inéligible, le PT devrait choisir pour candidat l’ex-maire de Sao Paulo Fernando Haddad, colistier de l’ex-président. Le rapporteur du TSE a recommandé vendredi que le candidat du PT à la présidentielle soit choisi dans les 10 jours. Le PT a lancé sur Tweeter un appel à tous les partisans de Lula à soutenir sur ce réseau social sa candidature avec le hashtag îLulaNasUrnasTSE (Lula dans les urnes/TSE), rapidement devenu viral. Mais dans un Brésil très polarisé, cette campagne s’est vite transformée en guerre de tweets entre pro et anti-Lula, avec l’apparition du hashtag îLulaInelegivel (Lula inélegible), qui a vite talonné îLulaNasUrnasTSE en deuxième position du classement des messages les plus récurrents du réseau social.n