En moins de 24 heures, deux décisions significatives sont tombées. La première a été signée par le Premier ministre. Elle concerne la levée du confinement obligatoire de cinq jours imposé aux personnes accédant en Algérie. Dorénavant, un test PCR négatif de 36 heures et un autre, antigénique, à l’arrivée, suffiront pour rentrer au pays.
La seconde décision émane du ministère de l’Industrie pharmaceutique, annoncée hier. Il est question d’une permission accordée «à titre d’exception», à des particuliers, pour l’importation des concentrateurs d’oxygène «ou tout autre dispositif médical utilisé en riposte à la pandémie».
Ces deux informations sont loin d’être anecdotiques. Ainsi, la sortie du Premier ministre ne semble pas être une «abdication» face à la pression tous azimuts des Algériens à l’étranger, qui avaient lancé une grande campagne sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce «détail», celui des 5 jours de confinement imposé par les autorités du pays. Cette levée est sans aucun doute une «adaptation» à la grave crise sanitaire actuelle. Les hôtels sont devenus une priorité nationale. Devant le nombre de plus en plus important de contaminations, il y a un besoin urgent d’«espaces», et ces établissements vont devoir se consacrer à cette mission, celle d’accueillir les malades.
Par contre, la permission accordée aux particuliers d’importer des concentrateurs d’oxygène, peut être perçue comme un aveu d’échec. Le gouvernement confirme ainsi son incapacité à répondre aux nombreuses sollicitations des citoyens. Malgré les discours rassurants des responsables du secteur de la santé, la réalité du terrain les a rattrapés. Il y a un manque flagrant de concentrateurs d’oxygène et les conséquences sont catastrophiques. Les décès s’accumulent, les cris de détresse fusent de partout et, à défaut de trouver des solutions dans les bureaux, l’Exécutif n’avait pas d’autres choix que d’«ouvrir». Ici, entre en jeu un paramètre important, celui de la société civile. De nombreux Algériens ont compris que l’assistanat (imposé par «en haut», demandé par «en bas») n’est pas une fatalité. Ils ont décidé qu’il fallait se solidariser pour pallier les nombreuses défaillances du système de santé algérien. D’où l’implication de plusieurs collectifs dans l’action, en dépassant les constats et les critiques inutiles. La priorité étant les concentrateurs d’oxygène, il fallait donc les apporter de l’étranger, et la pression citoyenne a su ouvrir cette «brèche». Un acquis, un premier acquis.