Le discours, tenu hier par le chef d’état-major de l’ANP, ouvre visiblement une brèche dans la quête d’une solution à la crise politique et institutionnelle que traverse le pays depuis l’irruption du mouvement populaire du 22 février, réclamant le changement du système.
Il est vrai que ce n’est pas la première fois que le chef de l’institution militaire évoque la voie du dialogue. Mais il est loisible de constater qu’il ne s’en est jamais autant référé que dans son discours dans la 6e Région militaire, où le mot «dialogue» a été prononcé une dizaine de fois. Suffisant de conclure que l’institution militaire, par la voix de Gaïd Salah, exprime une option et un choix stratégiques.
Cette offre de dialogue, qui ne manquera sans doute pas de susciter diverses réactions, intervient au moment où l’échéance de l’organisation de l’élection présidentielle, le 4 juillet prochain, au nom du respect du cadre constitutionnel, bat de l’aile jusqu’à devenir encombrante pour ceux qui y croyaient et peut-être y croient encore.
En tout état de cause, le chef de corps d’Armée, s’il semble se résoudre à l’idée de l’impossibilité de tenir ce rendez-vous électoral dans les délais prévus, tient à ce que la parole soit donnée à l’urne.
Autrement dit, et en se fiant au contenu du message du premier responsable de l’ANP, l’élection présidentielle aura lieu, mais avec un léger ajournement dont la période serait mise à profit pour enclencher le processus de dialogue.
Dans son discours, Gaïd Salah inscrit aussi bien le « dialogue productif » que la tenue de l’élection présidentielle « dans les plus brefs délais possibles» dans le même registre des priorités imposées par le contexte que traverse le pays. Gaïd Salah a affiché par ailleurs, et de manière claire, dans une sorte de limitation des pistes à explorer dans le dialogue à venir, l’opposition de l’institution militaire à l’idée d’une période de transition réclamée par certains courants politiques de l’opposition. Reste à présent à savoir quelle sera la réaction du Hirak, dont les indicateurs seront probablement observés lors de la prochaine mobilisation populaire.