Les zones d’ombre sont éparpillées un peu partout sur le territoire national et pas seulement dans le Grand-Sud ou les Hauts-Plateaux. Elles existent même dans les grandes villes. «A Alger, par exemple, des zones d’ombre existent. On recense 1 044 zones d’ombre au niveau national qui exigent, pour fournir un minimum de confort aux 8 millions de citoyens qui y vivent, 480 milliards de dinars», a indiqué, hier à la Chaîne III de la radio nationale, le conseiller du président de la République, chargé des zones d’ombre, Brahim Merad. Il a rappelé que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui classe les zones d’ombre parmi les priorités, a sommé les walis de trouver les ressources financières nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents de ces populations, avant d’établir une stratégie pragmatique et intelligente pour intégrer les richesses et potentialités de ces zones dans la production. «Les pouvoirs publics, il faut le dire, n’ont pas accordé un grand intérêt pour ces zones et n’ont pas exploité ou très peu les outils réglementaires, tels que la loi relative à l’aménagement du territoire, pour développer ces régions. De même que les walis se soucient plus de prendre en charge les exigences des centres urbains pour faire face aux pressions des populations en négligeant les besoins, peu exigeants pourtant, de celles des montagnes, les forêts et steppes, notamment», signale-t-il. Mais, assure-t-il, cela va changer et en très peu de temps. Déjà au cours de cette année, les walis ont réussi à dégager des finances pour répondre à 40% des besoins des populations des zones d’ombre, à travers 12 833 opérations lancées, dont 6 028 achevées et 3 916 en cours. Des ressources puisées, précise-t-il, de la Caisse de garantie et de solidarité des collectivités locales. «Pour 2021, 50% du fonds des collectivités locales seront dédiés aux zones d’ombre, soit 50 milliards de dinars, en plus de 40 milliards de dinars pour l’amélioration des bâtis, l’assainissement et 20 milliards de dinars destinés aux infrastructures routières», révèle-t-il. Une enveloppe que non seulement les collectivités locales, mais tous les secteurs au niveau national, sont appelés à dégager de façon intelligente. Tous les secteurs, soutient-il, sont réorientés vers les zones d’ombre. «Le président de la République exige des rapports quotidiens sur l’évolution de la situation de chaque zone d’ombre et émet, très souvent, de nouvelles orientations que nous appliquons sur le terrain», estime-t-il. Il a estimé également que le nouveau découpage administratif facilitera le développement de ces zones de même que la refonte fiscale et la répartition équitable des recettes de la fiscalité pétrolière qui doteront les communes les plus pauvres et les zones les plus isolées de nouvelles sources de financements et ce, pour la réalisation des projets dans le développement durable. «Il est attendu de la réunion walis-gouvernement qui se tiendra prochainement sur les zones d’ombre, d’engager une réflexion à long terme. Notre objectif est d’encourager les populations à se fixer dans leurs régions, de les réconcilier avec leur environnement, et ce, en rentabilisant les richesses et les intégrer dans la production, avec le concours des éleveurs, des agriculteurs, des nomades, des femmes rurales… et fournir des emplois durables aux jeunes pour éviter l’exode vers les centres urbains», conclut-il.