Entre 2015 et 2018, près de 30 000 animaux de différentes espèces ont été récupérés, a affirmé, jeudi dernier, le directeur de la protection de la faune et de la flore auprès de la Direction générale des forêts (DGF), Abdelkader Belkhira.

Soulignant la richesse biologique de l’Algérie, ce responsable a indiqué qu’«une stratégie nationale de conservation de la faune sauvage en Algérie a été concrétisée par des entités territoriales d’intervention à travers 4 réserves de chasse, 8 parcs nationaux, 3 centres cynégétiques et 48 conservations de forêts». D’ailleurs, Belkhira indiquera que «sur les 30 000 espèces récupérées, on trouve pas moins de 24 218 chardonnerets».

Intervenant à l’occasion de la Journée d’étude sur les activités des centres cynégétiques et des réserves de chasse, le responsable à la DGF expliquera que les principales espèces visées par cette stratégie sont les cerfs de Berbérie, le mouflon à manchette et la gazelle de cuvier. Le cerf de Berbérie est une espèce herbivore endémique d’Afrique du Nord. Mais du fait de la pression exercée par l’homme à travers l’urbanisation et le braconnage, le pays ne compte actuellement que 27 cerfs de Berbérie, élevés en captivité au niveau du centre cynégétique de Zéralda tandis que plus d’une centaine vivent dans leur habitat naturel entre les wilayas d’El Tarf, Guelma et Souk Ahras, selon le même responsable.

A terme, la DGF projette le transfert d’un noyau (nombre minimal d’individus) de cette espèce de cerfs vers la réserve de chasse de Tlemcen et la forêt domaniale de M’sila (wilaya d’Oran). Concernant le mouflon à manchettes, également herbivore, l’animal a pour habitat les zones rocheuses et arides des montagnes des deux Atlas. L’Algérie compte 102 individus de cette espèce élevés au niveau de la réserve de Tlemcen et 29 autres au niveau de la réserve de chasse de Djelfa. La DGF compte opérer le lâcher d’un noyau de ces mouflons au niveau de la réserve de chasse de Tlemcen, ainsi que le transfert d’un noyau vers la réserve de chasse de Djelfa et un lâcher en milieu naturel à Djebel Aïssa (wilaya de Naama). Quant à la gazelle de cuvier, il s’agit d’une espèce endémique d’Afrique du Nord éteinte dans plusieurs régions d’Algérie. Cet animal vit en groupe de 3 à 8 individus et se nourrit de jeunes pousses d’alfa, de feuillages et de buissons. Le pays compte 45 individus élevés en captivité, alors qu’un noyau sera introduit au niveau de la réserve de chasse et du parc national de Tlemcen et au niveau de la réserve de chasse de Mascara. Autre espèce menacée, le singe de Magot, dont la majorité des effectifs se situe au niveau de la région du Djurdjura. Cette espèce fera l’objet d’un plan d’action 2018-2027 en cours d’élaboration. Un troisième projet transfrontalier comprend deux espèces : le guépard du Sahara, moins volumineux que le guépard de la savane, et le lycaon, un canidé semblable à l’hyène.

Des espèces animales sérieusement menacées

Ce projet implique plusieurs organismes internationaux dont l’IUCN. Autre type de coopération internationale menée par la DGF, le programme de réintroduction de l’outarde Houbara en coopération avec les Emirats arabes unis.

Dans ce cadre, 5 000 outardes ont été introduites dans la wilaya d’El Bayadh. A noter que l’Algérie compte 23 espèces menacées d’extinction. Il s’agit essentiellement de sept espèces d’oiseaux menacées d’extinction et de 125 espèces d’oiseaux protégées, sur un ensemble de 378 espèces d’oiseaux présentes à travers le pays. La DGF dénombre également 108 espèces de mammifères, dont 53 sont protégées et 13 sont menacées. Sur 90 espèces de reptiles 46 sont protégées et 3 sont menacées. Sur 13 espèces d’amphibiens, 6 sont protégées. Selon Belkhira, la réduction des effectifs animaliers est provoquée par les incendies de forêt, le défrichement, les aléas climatiques et le braconnage.

Pour rappel, par le biais de ses structures décentralisées, la DGF a initié un programme de réhabilitation des espèces animales menacées de disparition en application de la loi de 2006 relative à la protection et la préservation de certaines espèces animales menacées de disparition. En outre, les centres cynégétiques visent à la production des espèces en vue d’enrichir le patrimoine cynégétique nationale, l’organisation de recherches sur le plan alimentaire et sanitaire notamment, la participation à l’organisation de lâchers et le suivi du processus d’acclimatation et de reproduction du gibier introduit.