PAR MILINA KOUACI
Le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire (Cnapeste) reproche au ministère de l’Education nationale de mettre la pression sur ses adhérents afin qu’ils remettent les notes des élèves aux établissements scolaires, mettant en garde des conséquences de cette démarche.
La rétention des notes trimestrielles des élèves est la seule action de protestation que le Cnapeste a décidé de maintenir, et ce, au terme de la session de son conseil national, tenu les 4 et 5 mars à Boumerdès. Le syndicat avait convenu d’arrêter la grève tout en maintenant le boycott de remise des notes aux administrations des écoles. Le boycott a été décidé pour amener le ministère à satisfaire les revendications socioprofessionnelles du syndicat. Il garde également la session du conseil national «ouverte», après avoir paralysé les établissements scolaires par une grève de deux jours par semaine qui a duré trois mois, entre novembre et février.
Nonobstant, à une semaine du début des examens du 2e trimestre, le syndicat reproche à certains chefs d’établissement et inspecteurs de mettre la pression sur des enseignants afin de remettre les notes des élèves aux administrations des écoles. «Des instructions ont été données aux chefs d’établissement et inspecteurs afin de convaincre les enseignants de remettre les notes des élèves aux administrations ou les verser sur la plateforme numérique du ministère», a déclaré Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste. Cette décision, rappelle le syndicat, «est nationale». Elle émane d’un «conseil national précédé par des AG et des conseils de wilaya». Pour lui, l’arrêt de grève «est un signal d’apaisement et d’une volonté de garantir la stabilité du secteur», dans l’attente d’ouvrir les portes de dialogue pour concrétiser les engagements de la tutelle sur le terrain.
Messaoud Boudiba a mis en garde des conséquences d’une telle démarche (sommer les enseignants de remettre les notes) qui donnerait lieu à des «conflits» entre la famille de l’éducation. « Il ne faut pas verser dans la provocation», a averti dernièrement le porte-parole du syndicat tout en mettant en garde contre les tentatives de «toucher aux acquis des travailleurs». Pour cette formation syndicale, « la tutelle doit ouvrir les portes du dialogue avec les responsables du syndicat et satisfaire ses revendications et non menacer les enseignants qui ne font que respecter les décisions du conseil national».
Le Cnapeste rappelle que les enseignants ont communiqué les notes de l’évaluation continue, des devoirs et examens à leurs élèves. Cependant, les parents d’élèves ont aussi exprimé à maintes reprises leurs «préoccupations et leur désarroi» devant les actions du Cnapeste et du boycott de la remise des notes, notamment, des conséquences que cette opération pourrait avoir sur les élèves de fin de cycle moyen et de 1re année secondaire. Sans les relevés de notes, les administrations seraient dans « l’incapacité» d’orienter les élèves pour l’année scolaire qui suit.
Pour rappel, le syndicat a exprimé, lors de son dernier conseil national, son attachement à la plateforme de revendications. Il s’agit de l’amélioration du pouvoir d’achat de l’enseignant à travers la révision des salaires, l’augmentation du point indiciaire et l’institution de nouvelles primes. Il revendique, également, l’actualisation de la prime de zone, le rétablissement de la retraite anticipée et de remédier aux conditions déplorables liées à l’exercice de la fonction, ainsi que la garantie des libertés syndicales. <